La jacinthe d'eau, si belle et si nuisible, envahit rivières et lacs africains

Par Véronique le Jeune | Publié le 17/09/2017 à 09H41

Peu de pays du continent échappent à l'emprise tentaculaire de la jacinthe d'eau. Originaire d’Amérique du Sud, cette plante aquatique introduite en Afrique au XIXe siècle pour son esthétique, s’est répandue dans les zones tropicales. Non seulement sa prolifération perturbe la pêche en asphyxiant les poissons et rend difficile la circulation des embarcations, mais elle favorise aussi le paludisme.

  • Zimbabwe - Parc national Mana Pools
    01 /07
    Zimbabwe - Parc national de Mana Pools

    L'hippopotame est l'un des rares animaux à se montrer friand de jacinthes d'eau qu'il peut ingurgiter en grandes quantités. Pas suffisant cependant pour mettre fin à l'invasion de cette plante redoutablement nuisible. © David FETTES / Cultura Creative

  • Ethiopie - Lac Tana
    02 /07
    Ethiopie - Lac de Tana

    Source du Nil Bleu, le plus grand lac éthiopien (2.156 km²) a vu depuis 2012 un dixième de sa superficie recouvert de jacinthes d'eau. Le ruissellement des eaux usées urbaines et agricoles encourage la croissance de la plante flottante. Deux à trois millions de personnes dépendant du lac Tana pour leur subsistance, selon l'ONG allemande NABU. L'arme la plus efficace à leur disposition: l'arrachage à la main. © Maheder HAILESELASSIE / REUTERS

  • Nigeria - Lagune Lagos
    03 /07
    Nigeria - Lagune de Lagos

    Dans la lagune de Lagos, la jacinthe d'eau envahit tout l'espace même dans très peu d'eau. Elle est si dense à certains endroits qu'on peut marcher dessus sans s'enfoncer. En première ligne, les bidonvilles de cette ville de 21 millions d'habitants.  © Akitunde AKINLEYE / REUTERS

  • Kenya - Port Kisumu
    04 /07
    Kenya - Port de Kisumu

    Ce bateau est bloqué sur un lit de jacinthes, en partie décomposées, dans le lac Victoria, la plus grande étendue d'eau douce d'Afrique. Ces plantes aquatiques, qui ont envahi le lac à la dans les années 80, ont été régulièrement combattues, notamment grâce à l'introduction de charançons, mais elles refont sans cesse surface pénalisant fortement les pêcheurs. © Baz RATNER / REUTERS

  • A quelque 500 milles côtes malgaches l'Ile La Réunion plage Saint-Gilles
    05 /07
    A quelque 500 milles des côtes malgaches, l'Ile de La Réunion plage Saint-Gilles

    Ce sont les jolies inflorescences violettes de la jacinthe d'eau qui ont séduit les voyageurs en Amazonie au XIXe siècle. Rapportée de ces contrées vers l'Afrique, elle a, elle aussi à sa manière, petit à petit colonisé le continent. © Danièle SCHNEIDER / Photononstop

  • Madagascar - Dans l'une rivières île
    06 /07
    Madagascar - Dans l'une des rivières de l'île

    Dans les eaux devenues stagnantes à cause de la densité des jacinthes qui étouffent tout, le moustique porteur du paludisme prolifère. Les poissons qui se nourrissent de ses larves ont disparu. © Pierre CHEUVA / Photononstop

  • Bénin - Bioraffinerie valorisation jacinthes d'eau sur lac Nokoué
    07 /07
    Bénin - Bioraffinerie de valorisation des jacinthes d'eau sur le lac Nokoué

    Unique en Afrique, cette entreprise, créée à Sô-Ava en 2014 par un Franco-Béninois et un Belgo-Béninois, a pour vocation de transformer le désastre en bienfait. La jacinthe d'eau «est la plante la plus invasive du monde: 10 plants peuvent en produire 800.000 autres en moins de huit mois» déclare à «Jeune Afrique» David Gnonlonfoun, l'un des deux entrepreneurs. Mais, une fois séchée, elle peut servir d'engrais naturel ou de fibre absorbante pour les huiles et les hydrocarbures d'une marée noire, par exemple. Un débouché qui pourrait intéresser le Nigeria voisin. En tout cas, une piste encourageante pour tous les pays touchés par ce fléau.  © Delphine BOUSQUET / AFP