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Société,  Afrique

La maladie du ver de Guinée en passe d’être éradiquée

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 22/01/2018 à 15H10, mis à jour le 22/01/2018 à 15H10

Ver Guinée soins au patient
Ver de Guinée: soins au patient © LOUISE GUBB / CARTER CENTER / AFP

Les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes dans le domaine de la santé. Enfin, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une maladie parasitaire, la dracunculose, maladie du ver de Guinée, est en passe d’être éradiquée de la surface du globe. Le nombre de cas signalés n’est plus que d’une trentaine par an.


25 cas seulement ont été rapportés en 2016. Pour 2017, 30 cas auraient été recensés selon la fondation Carter, engagée dans l’éradication de la maladie depuis 1986. Il y a à peine trente ans, la maladie touchait plus de trois millions de personnes dans 20 pays, dont 17 en Afrique. En 2016, trois pays seulement ont indiqué des cas: Ethiopie, Soudan du Sud et Tchad.
 
Le ver s’attrape en buvant une eau contaminée par des puces d’eau parasitées. Pouvant atteindre le mètre de long, ce ver filiforme va se loger dans la jambe du malade, provoquant de vives douleurs durant 10 à 14 mois. Si la maladie est rarement mortelle, dit l’OMS, elle est particulièrement handicapante. Les populations rurales sont les plus touchées, n’ayant accès qu’à des points d’eau non aménagés. En l’absence de traitement et de vaccin, la seule lutte repose sur l’éradication du parasite des points d’eau.
 
Le Carter Center dirige le programme de lutte contre le parasite, en collaboration avec l’OMS et l’Unicef. «La présence de la maladie du ver de Guinée dans une zone est en général signe d’une pauvreté abjecte et notamment de l’absence d’eau potable», précise la fondation. L’éradication repose dans l’approvisionnement en eau potable des zones concernées.

Un effort d’hygiène qui porte ses fruits également chez les animaux. Ainsi au Tchad, les infections chez les chiens ont baissé de 20%. Au Soudan du Sud, il n’y a aucun cas d’infection canine pour la seconde année consécutive.
 
On aimerait entendre les mêmes bonnes nouvelles sur la maladie parasitaire la plus répandue et la plus mortelle, à savoir le paludisme. Selon l’OMS, 216 millions de personnes ont été atteintes en 2016 dans 91 pays. Un demi-million en sont mortes, et deux milliards de personnes vivent dans des zones où sévit la maladie. Mais 90% des cas et des décès ont lieu en Afrique.