LA PHOTO. Abidjan: les entrepôts de noix de cajou sont pleins faute d’acheteurs

Par Laurent Filippi | Publié le 29/07/2018 à 12H26, mis à jour le 29/07/2018 à 12H26

L’engouement pour la noix de cajou a entraîné depuis 2010 une hausse de de 50% de la demande mondiale. Pourtant, les producteurs de Côte d’Ivoire voient leurs ventes s'effondrer. L’«or gris» a perdu la moitié de sa valeur quand les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont jugé les prix trop élevés et réduit leur demande auprès du Vietnam, principal acheteur de la noix de Côte d’ivoire.

  • 150.000 à 200.000 tonnes noix cajou n’ont pas été vendues.
    150.000 à 200.000 tonnes de noix de cajou n’ont pas été vendues.

    Le Vietnam est le pays qui achète le plus de noix brute (70% de la production ivoirienne) pour les transformer. Aujourd’hui, les Vietnamiens ont vu leur marge s'éroder et veulent se retirer du marché. Mais ils ne peuvent pas revoir les contrats déjà signés pour renégocier les prix à la baisse avec la Côte d’Ivoire. La noix brute est vendue à un prix minimum garanti fixé par l'Etat et la filière. Du coup, les Vietnamiens refusent d’acheter au prix fixé. Mais cette situation est un véritable danger pour l'économie ivoirienne, car 450.000 producteurs travaillent dans ce secteur. L’une des solutions pour le pays serait de faire fi du Vietnam et de transformer lui-même le fruit brut sur son territoire. Les agriculteurs menacent de passer à d'autres cultures si le problème n’est pas résolu. Les autorités ivoiriennes espèrent augmenter leur capacité de transformation de 100.000 tonnes par an à 300.000 tonnes d'ici 2020. Ils ont pour objectif de rendre le secteur moins vulnérable aux fluctuations du marché international. © Luc Gnago / Reuters