LA PHOTO.Afrique du Sud: la colère des mineurs 5 ans après la tuerie de Marikana

Par Laurent Filippi | Publié le 19/08/2017 à 15H49, mis à jour le 19/08/2017 à 15H57

Les membres de l'Association des mineurs sud-africains ont commémoré le massacre survenu le 12 août 2012 sur les collines de Marikana, au nord-ouest de Johannesburg. Ce jour-là, les forces de sécurité avaient tué par balles 36 grévistes. Cette fusillade, la pire depuis la fin de l'apartheid en 1994, a entaché durablement l'image de l’ANC, le parti de Nelson Mandela.

  • Commémoration près mine platine Marikana 16 août 2017
    Commémoration près de la mine de platine de Marikana, le 16 août 2017

    Devant la foule, l’avocat des mineurs, Dali Mpofu s’est écrié: «C'est une honte. Pas un seul centime n'a encore été versé» aux familles des victimes. Pourtant en mars 2017, les autorités sud-africaines avaient annoncé 63 millions d'euros d’indemnités. De plus, le ministre de l’Intérieur de l'époque, Nathi Mthethwa, est toujours membre du gouvernement Zuma et la chef de la police en 2012, Riah Phiyega, a échappé à toute sanction. Il y a cinq ans, une foule de grévistes de la mine propriété du groupe britannique Lonmin se rassemble face à la police sur les collines de Marikana pour réclamer de meilleurs salaires et des logements décents. La police répond par des tirs. Ce massacre s'est déroulé pendant le premier mandat de Jacob Zuma, chef de l’ANC, Congrès national africain, qui avait combattu l'apartheid. Les mines d’or ont fait la richesse de l’Afrique du Sud. Mais aujourd’hui, le secteur est en crise et les fermetures se multiplient. Partagés entre misère et crainte du licenciement, les mineurs ont peu d’espoir de voir leur vie s’améliorer.  © Reuters / Siphiwe Sibeko