LA PHOTO. Centrafrique: les «péages» des groupes armés sur le fleuve Oubangui

Par Alain Chemali | Publié le 19/03/2018 à 15H17

Sur les 600 km du fleuve Oubangui qui longe le sud de la Centrafrique, les groupes armés ennemis, anti-balakas et Séléka, ont installé des postes de «péages» entre Bangui et Mobaye. Pirogues et baleinières, ces bateaux à fond plat qui transportent passagers et marchandises, doivent s'y arrêter et s'acquitter d'une taxe. Une véritable manne financière pour les milices qui tiennent le pays.

  • Les bateaux payent plus 300 euros par poste pour leur cargaison.
    Les bateaux payent plus de 300 euros par poste pour leur cargaison.

    Depuis fin 2014, les miliciens occupent des dizaines de petites paillotes sur la rive du fleuve. «Si on ne s'arrête pas, c'est une manière d'accepter la mort», explique le chef d'un village pas loin. Outre les autres risques sécuritaires encourus, tels les viols de femmes, ces taxations sont un casse-tête économique au quotidien. Elles font grimper le prix des marchandises: un poisson qui coûte 3,81 euros sur les bords du fleuve sera revendu à Bangui, à 980 km de là, entre 7,6 et 10,6 euros. Une catastrophe pour la population centrafricaine, à 80% en situation d'extrême pauvreté. © VERGNES FLORENTS/AFP