LA PHOTO. Françoise Toe, candidate à la première présidentielle post-Compaoré

Par Dominique Cettour Rose | Publié le 29/11/2015 à 10H27, mis à jour le 30/11/2015 à 11H44

Au Burkina Faso, 14 candidats sont en lice pour la présidentielle du 29 novembre 2015. Le scrutin doit clore la «transition» ouverte après la chute de Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 années au pouvoir. Le vainqueur dirigera la première alternance démocratique de l'ancienne colonie française, la Haute-Volta, marquée par une succession de coups d'Etat militaires.

  • A Bobo Dioulasso deuxième ville Burkina Faso 23 novembre 2015
    A Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso, le 23 novembre 2015

    C'est dans un terrain vague poussiéreux que Françoise Toe, «Maman Toe» comme on l'appelle ici, tient son meeting électoral. Cette experte-comptable est l'une des deux femmes en lice dans ce scrutin. Elle se présente comme la «candidate du changement». Mme Toe voudrait voir, dit-elle sur un ton professoral, le Burkina Faso s'atteler au «problème n°1 de la femme: l'accès à l'eau». «Dans des centaines de villages, rappelle-t-elle, il n'y a pas d'eau et il faut parfois faire 7 ou 8 km pour trouver de l'eau. C'est la femme qui est responsable de l'approvisionnement de l'eau du foyer». De plus, précise Maman Toe, l'eau consommée est fréquemment de «mauvaise qualité et source de maladie». Face à la mondialisation et au réchauffement climatique qui perturbe les saisons de ce pays de 20 millions d'habitants, dont les ressources proviennent essentiellement de l'agriculture, elle assène: «Nous devons consommer ce que nous produisons!». Voilà pour le programme de la candidate du Mouvement de Libération nationale. Moins connue que ses deux rivaux donnés favoris, Roch Marc Christian Kaboré et Zéphirin Diabré, deux anciens barons du régime Compaoré passés dans l'opposition, Mme Toé croit néanmoins en ses chances. Ne pas être donnée favorite est loin de constituer à ses yeux un handicap insurmontable pour convraincre 5 millions d'électeurs. © AFP