LA PHOTO. Le Gabon puce ses éléphants pour les suivre à la trace

Par Véronique le Jeune | Publié le 09/02/2018 à 17H08, mis à jour le 09/02/2018 à 17H08

La high tech entre dans le monde de la faune sauvage avec un collier GPS pour éléphants. Il y a encore dix ans, avec 60.000 pachydermes, le Gabon abritait la plus grande population d'éléphants de forêt d'Afrique centrale. A cause du braconnage, 15.000 d'entre eux ont disparu, soit près d'un quart. «C'est effarant» juge-t-on à l'Agence nationale des parcs nationaux. Désormais, l'espoir c'est le GPS

  • Dans parcs nationaux Mwagna d'Ivindo au nord-est Gabon.
    Dans les parcs nationaux de Mwagna et d'Ivindo, au nord-est du Gabon.

    En décembre 2017, une vingtaine de colliers ont été posés par des vétérinaires sud-africains et gabonais. Une nouvelle campagne débute courant février dans le parc voisin de Minkébé. Pendant 45 jours, l'équipe de l'Agence nationale des parcs nationaux va arpenter la forêt équatoriale, à raison de 20 km en moyenne par jour, dans des conditions éprouvantes. «Il faut poser entre un et deux colliers GPS par jour. C'est un exercice très dangereux, où nos hommes subissent des charges répétées des éléphants», avoue un responsable. Un vétérinaire sud-africain, Peter Morkel, dirige l'opération, bien plus compliquée en forêt qu'en savane. L'équipe est constituée de 5 à 7 hommes. Des éclaireurs pygmées en tête du cortège, Michel et Bébé, «deux magiciens qui savent lire les moindres détails de la forêt», pistent les éléphants. Une fois l'animal repéré, Peter s'approche à environ 10 mètres pour le flécher avec son fusil à air comprimé, en utilisant de l'éthorphine, un anesthésiant, dosé au millimètre, mille fois plus puissant que la morphine. Le collier installé sert à suivre les pachydermes par GPS, étudier leurs déplacements pour, à terme, les protéger des braconniers. Il s'agit aussi, via les prélèvements effectués sur les excréments, les défenses et les carcasses, de «dresser une carte génétique des éléphants et des ivoires au Gabon». Ce qui aide à remonter les filières des trafiquants, «parfois jusqu'en Asie».       © ANPN / AFP