LA PHOTO. Mozambique: 90% des élèves de primaire ne comprennent pas le portugais

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP) | Publié le 16/07/2018 à 15H34, mis à jour le 18/07/2018 à 12H13

Une réforme gouvernementale généralise l'enseignement primaire en langues locales jusqu'à l'âge de 10 ans, avant de passer au tout portugais. Mais seule une école sur dix a la capacité de faire classe en dialectes locaux parlés pourtant par la majorité des habitants du pays. Selon le ministère de l'Education, 90% des 1,3 millions d'enfants entrent à l'école sans parler le portugais.




  • A Manhica élèves école primaire Mitilene 20 juin 2018.
    A Manhica, les élèves de l'école primaire de Mitilene, le 20 juin 2018.

    Pour sa leçon de vocabulaire du jour, Helena Joaquim Arguenha, l'institutrice, demande à ses élèves de citer un nom qui se termine par la lettre «O». Elle s'adresse à eux en changana, «la seule langue pratiquée par les enfants jusqu'à l'âge de 5 ans», assure-t-elle. Dans ce dialecte proche de la langue tsonga, largement parlée en Afrique australe, «ils sont plus créatifs, comprennent mieux et ne sont pas timides, ils parlent et s'expriment très librement (...), alors qu'en portugais ils sont beaucoup plus hésitants, ils ont peur de parler.» Pour le gouvernement, qui a pris conscience de ce problème, l'un des défis est «la formation des maîtres» aux 42 dialectes que compte le pays. L'autre défi est de convaincre les parents de scolariser leurs enfants dans ces classes et de l'interêt d'un enseignement bilinge dont les premières expériences, qui remontent à 1991, ont montré que les élèves obtenaient de meilleurs résultats qu'avec un enseignement unique en portugais, rappelle le ministère.  © MAURO VOMBE / AFP