LA PHOTO. RDC: retour de milliers de migrants clandestins chassés d'Angola

Par Laurent Ribadeau Dumas | Publié le 15/10/2018 à 11H23

Quelque 180.000 Congolais ont dû quitter l’Angola dans la semaine du 8 au 14 octobre 2018 en raison d’une opération contre l’immigration clandestine lancée par les autorités du pays. «On nous a rapporté des scènes de violence», a affirmé le gouverneur du Kasaï, frontalier de la province angolaise du Luanda Norte. Plusieurs personnes ont été tuées, selon «Le Monde».

  • Une famille congolaise expulsée d'Angola...
    Une famille congolaise, expulsée d'Angola...

    ... transporte ses enfants et ses biens sur un vélo loué, près de Tchikapa (province du Kasaï dans le sud de la RDC). L'Angola a lancé dans la région du Lunda Norte (nord) une opération visant, selon le porte-parole du gouvernement de cette province, les «étrangers en situation irrégulière dans le pays, notamment dans les maisons d'achat de diamants». Des centaines de personnes franchissent chaque heure le principal poste-frontière de Kamako (RDC), a constaté le 12 octobre sur place un correspondant de l'AFP. Le poste frontière «est submergé (...). Les refoulés sortent totalement démunis. Ils racontent qu'ils ont été pris dans les puits de diamants ou dans les rues par la police angolaise», rapporte un officiel congolais cité par «Le Monde». Côté angolais, des camions et des pick-up transportent vers la frontière des Congolais et leurs biens, selon le correspondant de l'AFP. A Kamako, les «retournés» se sont installés dans des hangars, des églises et des écoles, voire sous les arbres. «Nous sommes ici (...) sans argent. Nous vendons le peu de biens que nous avons pu amener pour manger. Mon enfant de 4 ans est porté disparu depuis 2 jours à cause de la population que vous voyez ici. J'ai vendu mon pagne pour (…) payer le communiqué de la recherche de mon enfant à la radio», a témoigné une mère de famille, Dorcas Bakampa. © REUTERS/Giulia Paravicini