LA PHOTO.Mozambique: la mort de Dhlakama, chef de l’opposition, inquiète le pays

Par Laurent Filippi | Publié le 09/05/2018 à 16H37, mis à jour le 09/05/2018 à 16H37

Le 3 mai 2018, Afonso Dhlakama, le leader pendant 39 ans du principal parti d’opposition, la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), est mort à 65 ans d'une crise cardiaque. Depuis plusieurs mois, il négociait un accord de paix avec son rival, le président Nyusi. Il accusait le parti au pouvoir (Frelimo) d’avoir la mainmise sur le pays. Son décès inattendu a créé l'incertitude.

  • Dernier hommage 9 mai 2018 à Beira d'où Afonso Dhlakama était originaire.
    Dernier hommage le 9 mai 2018 à Beira d'où Afonso Dhlakama était originaire.

    «La Renamo est un mouvement de guérilla issu des tréfonds de la Guerre froide, transformé en parti d’opposition dans les années 1990», précise «Le Monde». Ses dirigeants ont profité des obsèques d’Afonso Dhlakama pour promettre à leurs partisans de continuer la lutte. Le chef par intérim de la Renamo, Ossufo Momade, a déclaré: «Toi, le père, tu nous as appris à nous sacrifier pour le pays. (…) Le temps est venu pour nous de faire avancer ta lutte.» La cheffe des députés de la Renamo, Ivone Soares, a ajouté: «L'homme qui nous a protégés de la tyrannie, de la dictature, de ceux qui utilisent la richesse du pays à leur fin est parti. (…) Vous, les jeunes, soyez inspirés par Dhlakama. Soyons tous des Dhlakama, partout.» Ivone Soares accuse le gouvernement d'avoir indirectement tué son oncle car «la violence indirecte tue plus que la violence directe». De son côté, le président mozambicain Filipe Nyusi a voulu rassurer la population et s'est engagé à poursuivre les discussions de paix avec la Renamo. La  guerre civile (1976-1992) a fait 900.000 morts et 5 millions de civils ont été déplacés. En 2012, la Renamo a repris les armes. Des combats sporadiques ont redémarré en 2013. © ADRIEN BARBIER / AFP