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La production et la vente de burqas désormais interdites au Maroc

Par Mohamed Berkani@GeopolisFTV | Publié le 10/01/2017 à 12H11

Une femme en burqa
Une femme en burqa. © BORIS ROESSLER / DPA

La décision d’interdire la vente et la production de burqas ne viendrait pas du ministère marocain de l’Intérieur, mais des autorités locales. Des commerçants ont reçu des injonctions claires. Les salafistes montent au créneau pour défendre le voile intégral.


«Se dirige-t-on vers une interdiction de la production et de la vente de burqas au Maroc? Si aucune communication officielle ne le confirme pour le moment, des notifications écrites et orales adressées aux commerçants, ainsi que les informations relayées par plusieurs sources médiatiques vont dans ce sens», affirme Tel Quel.
 
La presse marocaine fait état d’un large mouvement des autorités locales pour avertir les commerçants de plusieurs villes de ne plus produire, ni vendre cet habit afghan. «Les autorités ont décidé de mener la guerre à la burqa. Ce lundi (9 janvier 2017), les fabricants et commerçants de ce vêtement ont été sommés de cesser sa production et son commerce. Il est midi (...) au quartier des Habous à Casablanca. Un caïd (agent d’autorité) fait le tour des fabricants de burqas (voiles intégraux) pour les sommer de cesser leur activité, a constaté un journaliste de le360», écrit le site. Pour 360.ma, cette interdiction serait motivée par des raisons de sécurité, «des malfrats ayant à maintes reprises utilisé ce vêtement (vendu entre 50 et 60 DH) pour perpétrer leurs crimes.»

 
La circulaire, très partagée sur les réseaux sociaux, est très commentée. «La mesure, assortie de sanctions en cas de refus, a provoqué des réactions diverses, dont certaines évoquent une atteinte aux libertés individuelles», relève Le Desk.
 
Le ministère marocain de l’Intérieur n’a pas réagi officiellement, mais des salafistes sont montés au créneau pour défendre le port de la burqa, dont l’usage est peu courant dans le royaume. «Les autorités n’interdisent pas seulement la burqa, mais le niqab aussi. Ma femme en porte et j’estime que c’est une atteinte à sa liberté. Cette décision est affligeante (…), je n’ai jamais vu les autorités interdire la vente ou la fabrication de mini-jupes, une invention occidentale contrairement au niqab qui fait parti de notre culture et qui a été porté par nos grand-mères», s’emporte le militant salafiste Abdellah Hamzaoui.

 
L’ONDH (Observatoire du Nord des droits de l'Homme) condamne l’interdiction qu’il juge «arbitraire et portant atteinte aux droits des femmes à s’exprimer et s’habiller librement. L’habit étant un moyen d’expression de leur identité, et convictions culturelles, politiques et sociales».