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Economie,  Côte d'Ivoire,  Burkina Faso

La rénovation de la ligne Abidjan-Ouagadougou de nouveau sur les rails

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 20/07/2017 à 12H30, mis à jour le 20/07/2017 à 12H57

​Les nouvelles locomotives Sitarail à Abidjan 9 septembre 2015
Six nouvelles locomotives de la compagnie Sitarail (détenue à 67% par Bolloré) entrent en gare de Treichville, à Abidjan, le 9 septembre 2015. Cette cérémonie annonçait le début officiel des travaux de rénovation de la ligne ferrovière Abidjan-Ouagadougou. © ISSOUF SANOGO / AFP

Avec deux ans de retard, les travaux de rénovation de la ligne ferroviaire qui relie Abidjan à Ouagadougou vont démarrer le 15 septembre 2017. La compagnie Sitarail, filiale de Bolloré, l'a annoncé, le 18 juillet 2017, à l'issue d'un sommet sur la coopération entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire. Ce chantier de réhabilitation, qui doit durer cinq ans, aurait dû débuter le 9 septembre 2015.


Le projet de réhabilitation de la boucle ferroviaire Abidjan-Ouaga-Kaya est enfin ficelé. «Les travaux vont effectivement démarrer dès le 15 septembre, les commandes de nouveaux matériels également, des nouvelles locomotives (...). Ca va aller très rapidement», a déclaré le PDG de Bolloré Railways, Eric Melet, après la signature d'un nouvel accord entre les différentes parties prenantes: la société Sitarail, appartenant au groupe Bolloré, et les gouvernements burkinabè et ivoirien.

Ce tronçon ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou-Kaya est un véritable cordon ombilical pour l'import-export entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, pays sahélien enclavé en Afrique de l'Ouest.. «La croissance économique est dynamique entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire et il y a beaucoup de matériels qui doivent être transportés sur le chemin de fer», a souligné M.Melet.

Par cette voie ferrée longue de 1.260 km, le Burkina Faso exporte du coton et du manganèse vers Abidjan et importe du pétrole, du ciment, des engrais ainsi que d'autres marchandises à Kaya, dans la région du Centre-Nord. Pour les industriels de ces deux pays, le train présente aussi l'avantage d'être le moyen de transport le moins coûteux.
 

«L'aboutissement des négociations avec le groupe Bolloré pour la réhabilitation du chemin de fer va permettre la réalisation du projet, d'un montant total de 400 millions d'euros, soit 262 milliards de francs CFA», a indiqué le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry. La concession de l'exploitation et la réhabilitation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou, avec son prolongement jusqu'à Tambao, avait été confiée aux groupes Panafrican Minerals et Bolloré en 2014.

Déraillement d'un train de marchandises
En septembre 2016, la passerelle en acier menant à un pont enjambant une rivière s'était effondrée au passage de la locomotive d'un train de marchandises. L'accident s'est produit sur la partie ivoirienne de la ligne, sans faire de victime. Le trafic avait dû être interrompu pendant deux semaines pour remettre en état ce pont vétuste datant de l'époque coloniale, et ce, en pleine période de récolte au Burkina Faso du coton, lequel transite par le port d'Abidjan, seul débouché maritime pour ce pays sahélien enclavé. 

«La croissance économique est dynamique entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire et il y a beaucoup de matériel qui doit être transporté par le chemin de fer», a souligné M.Melet. Le prolongement de la ligne jusqu'à la ville minière de Kaya, à 100 km au nord de Ouagadougou, va «permettre dans les quatre ans à venir de transporter un million de tonnes de minerai», a t-il estimé.

Le transport ferroviaire du minerai est le seul moyen de rentabiliser des investissements colossaux, avec notamment la mine de manganèse de Tambao, au Burkina, expliquait Le Monde, en septembre 2015. Cette année là, 200.000 personnes et 900.000 tonnes de marchandises, dont du bétail, avaient transité par cette voie de chemin de fer.