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La sécurité alimentaire à l'école au Cap Vert

Par Jean Serjanian (avec agences)@GeopolisAfrique | Publié le 16/10/2012 à 16H52, mis à jour le 15/11/2012 à 16H02

Cantine scolaire au Cap Vert.
Cantine scolaire au Cap Vert. © WFP/PHOTO Lori Waselchuk

L'archipel du Cap Vert, situé à 600 km au large des côtes du Sénégal, a longtemps fait partie des pays les plus pauvres de la planète. Le pays qui par le passé a fréquemment subi la famine, s'est donné pour règle d'assurer aux enfants un niveau d'alimentation correct et leur inculquer dès l'école primaire les principes du «bien manger».

En dépit des handicaps ─ manque de richesse naturelle, sol peu fertile et manque d'eau douce ─ le Cap Vert a réussi avec l'aide internationale et des investisseurs étrangers à atteindre un PIB par habitant parmi les meilleurs d'Afrique subsaharienne. Ces bonnes performances ont décidé l'ONU, à le retirer de la liste des pays les moins avancés (PMA) à compter de 2008.

L'archipel qui a connu une grande pauvreté et l'insécurité alimentaire, a très tôt créé des cantines scolaires avec un objectif principal : assurer une alimentation minimale pour tous les petits Cap-Verdiens et apporter ainsi une aide aux familles pauvres tout en favorisant un taux élevé de fréquentation scolaire.   

CARTE CAP VERT
CARTE CAP VERT © AFP/LF
 

Sécurité alimentaire des enfants
Le programme de cantines scolaires au Cap Vert date de 1979, quatre ans après l’indépendance de ce pays d’Afrique de l’Ouest. A cette époque les programmes dépendaient entièrement du Programme alimentaire mondial (PAM) pour un appui financier, technique et logistique. Dès 2007, le gouvernement Cap-verdien a pris le relai dans la gestion et l’implantation des programmes, avec un partage des financements au départ de 15% qui a progressivement augmenté pour atteindre aujourd’hui les 100%.
 
Ces repas améliorent la nutrition infantile essentielle au développement de la population, un investissement primordial pour l’avenir du pays qui vise à renforcer la cohésion sociale et à améliorer les conditions de vie. Pour Josette Sheeran, directrice exécutive du PAM, le Cap-Vert est exemplaire en matière de lutte contre la faim. «L’implication du gouvernement du Cap Vert envers les enfants malnutris est précisément le type d’engagement dont nous pouvons être fiers. Nous espérons que d’autres gouvernements tireront les leçons de cette réussite», déclare-t-elle.
 
Un repas chaud à école contre malnutrition
Un repas chaud à l'école contre la malnutrition © WFP/PHOTO Ramin Rafirasme
 
 
Aujourd'hui, 98% des enfants de moins de six ans sont dans le circuit éducatif. Malgré le retrait du PAM, le gouvernement du Cap Vert a fourni, au cours de l'année 2010-201, dans ces cantines un repas chaud par jour à plus de 100.000 enfants en âge scolaire, soit la totalité des jardins d'enfants et des écoles primaires publiques de l'archipel.

Potagers scolaires
Le programme de sécurité alimentaire des enfants dorénavant assuré et poursuivi, le Cap Vert, aidé par la FAO, l'agence onusienne pour l'alimentation et l'agriculture, désire promouvoir la diversification de l'alimentation scolaire avec les produits locaux et la production des jardins scolaires. Une phase pilote a été inaugurée dès la rentrée dans 25 écoles en vue de donner aux enfants la possibilité de varier les produits, de leur donner aussi envie de consommer fruits et légumes.

Les enseignants s’attèlent à la tâche en prêchant les aliments bons pour la santé. Et pour faciliter l’apprentissage, le rendre ludique, des concours scolaires sur la nutrition sont organisés et des jardins aménagés dans de nombreux établissements. Quant à ceux qui manquent d’espace, ils emmènent les élèves visiter les potagers existant.
 
On comble le manque de terre par des techniques hydroponiques, qui n’exigent pas de terre et peu d’eau. On récupère par exemple des bouteilles usagées ou encore des pneus comme jardinière pour y faire pousser des tomates ou des haricots. Lorsque la production est insuffisante comme c'est souvent le cas, les autorités consultent des agriculteurs, ainsi que des pêcheurs et des éleveurs, pour trouver le meilleur moyen – et le moins cher – d’enrichir les repas.