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Société,  Tanzanie,  Afrique

La Tanzanie arrête 20 personnes, dont 12 femmes, pour homosexualité à Zanzibar

Par Géopolis (avec agences)@GeopolisAfrique | Publié le 17/09/2017 à 11H53, mis à jour le 17/09/2017 à 12H03

Sur î Pemba archipel Zanzibar en Tanzanie en septembre 2011
Sur les bords de l'océan Indien, sur l'île de Pemba (archipel de Zanzibar) en Tanzanie en septembre 2011... © REUTERS - Thomas Mukoy

Vingt personnes accusées d'homosexualité, dont douze femmes, ont été arrêtées dans un hôtel à Zanzibar, a annoncé samedi 16 septembre 2017 la police de cet archipel semi-autonome. Les hommes risquent jusqu’à 30 ans de prison, les femmes sept ans et une forte amende. L'homosexualité est sévèrement réprimée en Tanzanie.

«Ces personnes sont impliquées dans des activités homosexuelles. Nous les avons arrêtées et nous sommes en train de les interroger. La police ne peut pas fermer les yeux sur cette pratique. Ils seront présentés au tribunal», a déclaré, sur la télévision gouvernementale tanzanienne TBC1, le commandant régional de la police, Hassan Ali Nasri.
 
Le responsable n'a pas précisé la date de ces arrestations, mais il a indiqué que douze femmes et huit hommes étaient concernés. Selon TBC1, les interpellations ont eu lieu dans un hôtel où les personnes arrêtées suivaient une formation de l'ONG internationale Bridge Initiative Organization, officiellement enregistrée par le gouvernement de Zanzibar pour dispenser des programmes d'éducation à la lutte contre le sida.
 


En février 2017, la Tanzanie avait ordonné la fermeture de centres de santé spécialisés dans la lutte contre le sida, accusés de promouvoir l'homosexualité, une décision critiquée par les États-Unis.
 
 
Rhétorique anti-gay
L'homosexualité masculine est punissable en Tanzanie de très lourdes peines de prison, mais c'est seulement récemment que les autorités ont adopté une rhétorique anti-gay.
«Avez-vous jamais vu une chèvre ou un porc se livrer à ce jeu?» Dans un discours très controversé prononcé en juin dernier, le président tanzanien John Magufuli s'en était déjà pris aux organisations défendant les droits des homosexuels et plaidant pour le droit des mères adolescentes à poursuivre leur scolarité après des maternités. «Ceux qui nous enseignent des choses pareilles ne nous aiment pas, mes frères. Ils nous ont apporté la drogue, les pratiques homosexuelles que même les vaches réprouvent», avait affirmé le chef de l'Etat.


«Examens anaux forcés»
Le vice-ministre tanzanien de la Santé, Hamisi Kingwangalla, a assuré devant le Parlement que le pays allait poursuivre sa lutte contre l'homosexualité. «Nous luttons de toutes nos forces contre tous les groupes soutenant l'homosexualité dans notre pays», assure-t-il. Le gouvernement tanzanien a aussi promis ces derniers mois que les étrangers défendant les droits des homosexuels seraient expulsés du pays.
 
L'homosexualité est illégale dans 38 des 54 pays d'Afrique et est passible de la peine de mort en Mauritanie, Soudan et Somalie. Dans un rapport publié en juillet, Amnesty International a révélé que les autorités tanzaniennes «arrêtaient et poursuivaient les personnes sur des accusations liées à l'homosexualité et les soumettaient à des examens anaux forcés».