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La télévision du Hezbollah libanais privée de satellite NileSat par l’Egypte

Par Alain Chemali@GeopolisAfrique | Publié le 08/04/2016 à 09H16, mis à jour le 31/05/2017 à 19H04

Hassan Nasrallah chef Hezbollah à télévision Al-Manar
Capture d'écran de la télévision du Hezbollah, Al-Manar,lors d'un discours de Hassan Nasrallah, secrétaire général de ce mouvement, le 30 janvier 2016.  © AL-MANAR / AFP

Coup dur pour le rayonnement du Hezbollah libanais, l’opérateur satellite égyptien NileSat a coupé la diffusion de sa chaîne de télévision, Al-Manar, pour violation de l’éthique journalistique. Une décision qui intervient avant la visite de roi d’Arabie saoudite au Caire. Le Parti de Dieu a condamné une décision politique et demandé aux autorités égyptiennes de se rétracter «immédiatement».

Nouvelle restriction de visibilité satellitaire pour le mouvement chiite libanais du Hezbollah. Sa chaîne de télévision Al-Manar est désormais indésirable sur NileSat. L’opérateur égyptien a en effet coupé la diffusion de la chaîne du Parti de Dieu, pro-iranien, pour non respect de la charte d’éthique professionnelle des journalistes.
 
«Les chaînes ont l’obligation de ne pas diffuser de contenus violents ou racistes et de ne pas provoquer de violences sectaires», ont expliqué les responsables de NileSite depuis le Caire, précisant qu’Al-Manar avait violé ces règles.
 
Intervenant trois jours avant la visite du roi Salmane d’Arabie saoudite en Egypte, cette mesure a aussitôt été dénoncée par le directeur général de la chaîne. «Il y a une pression sur NileSat, spécialement de Ryad» a déclaré Ibrahim Farhat  qui y voit «une décision politique et non économique».

Le Hezbollah dénonce une atteinte à la liberté de pensée et d'expression 
Pour le Hezbollah, cette décision «inique» est une «atteinte flagrante à la liberté de pensée et d’expression». Elle s’inscrit dans le cadre «des attaques menées contre la Résistance et toutes ses filiales par certaines organisations arabes». Il demande aux responsables de NileSat de «se rétracter immédiatement».
 
Al-Manar avait déjà subi les représailles d’Arabsat, l’opérateur satellitaire de la Ligue arabe, qui avait interrompu sa diffusion pour insulte proférée par l’invité d’un talk-show à l’encontre de la famille régnante saoudienne.
 
Ce boycott satellitaire arabe du Hezbollah, pro-iranien, intervient en plein bras de fer entre Ryad et Téhéran. A la tête de la croisade sunnite contre l’exportation de la révolution chiite iranienne, le royaume wahhabite avait fait proclamer le Hezbollah «organisation terroriste» par le Conseil de coopération du Golfe, le 3 mars 2016, puis par la Ligue arabe, le 11 mars.

Un cadeau de bienvenue au roi Salmane d'Arabiies saoudite 
Auparavant, l’Arabie saoudite avait suspendu en février une aide de 2,6 milliards d’euros au Liban, où le Parti de Dieu est tout-puissant et où il sert de tête de pont à l’Iran pour s'ingérer dans les affaires arabes

Suivant l’exemple de Ryad, les Emirats Arabes Unis et le Koweit avaient arrêté et expulsé des ressortissants libanais accusés de liens avec le Hezbollah.
 
L’interruption d’Al-Manar sur NileSat s’apparente à un cadeau de bienvenue au souverain wahhabite, attendu le 7 avril au Caire. Une visite au cours de laquelle le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud devrait signer des accords relatifs à des prêts d’un montant global de 19 milliards d’euros à l’Egypte, pour l'aider à financer ses importations de pétrole et à développer la péninsule du Sinaï.