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La Tunisie pour un front commun contre la menace terroriste au Maghreb

Par Alain Chémali avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 11/05/2016 à 17H39

Le Premier ministre tunisien Habib Essid à Ben Guerdane
Le Premier ministre tunisien, Habib Essid, en prière au cimetière de Ben Guerdane, le 13 mars 2016, une semaine après l'attaque terroriste contre des casernes de l'armée et de la police, qui avait fait une cinquantaine de morts. © FATHI NASRI/AFP

En visite officielle au Maroc, le chef du gouvernement tunisien a prôné un renforcement de la coopération antiterroriste au Maghreb. Pays le plus touché par des attaques de l’organisation Etat islamique, la Tunisie propose au Maroc et à l’Algérie un front commun contre la menace djihadiste et rejette toute ingérence dans les affaires intérieures de la Libye.


Depuis Rabat, où il a rencontré son homologue marocain, Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement tunisien, a plaidé pour un projet antiterroriste à l’échelle du Maghreb.

Renforcer la coopération maghrébine contre la menace djihadiste 
Habib Essid s’est dit favorable à un renforcement de la coopération avec le Maroc et l’Algérie pour lutter contre le terrorisme, en particulier contre la menace djihadiste.
 
«Nous avons pu mettre en échec plusieurs opérations terroristes grâce à notre coopération sécuritaire avec l’Algérie, notamment sur les frontières», a indiqué le Premier ministre tunisien.
 
Quant au Maroc, «il y a un échange d’informations et, dans mes entretiens avec le Premier ministre Benkirane, nous avons décidé de renforcer davantage cette coopération», a-t-il ajouté.

Une ingérence dans les affaires intérieures libyennes serait «une erreur» 
Une coopération qui pourrait concerner également la Libye, dont Habib Essid a rencontré récemment le chef du gouvernement d’union nationale formé sous l’égide de l’ONU et soutenu par la communauté internationale.
 
Il a toutefois rejeté toute ingérence dans les affaires intérieures de ce pays qui partage une longue frontière avec le sien. Ce serait «une erreur», a-t-il dit à l’adresse des pays occidentaux qui envisagent d’intervenir directement en Libye.
 
Cible de nombreuses attaques contre les forces de l’ordre, comme à Ben Guerdane en mars 2016, ou d’opérations spectaculaires, comme l’attentat kamikaze de Sousse le 30 octobre 2013, qui n’a pas fait de victime mais a durablement saboté un pilier de l’économie tunisienne, ou encore la fusillade du Bardo le 18 mars 2015 (23 morts et 43 blessés), la Tunisie tente en effet d’élargir le champ de la mobilisation.
 
Une mobilisation qui a déjà porté ses fruits à l’intérieur du pays.
Selon un dernier bilan du ministère de l’Intérieur, «au cours du premier trimestre 2016, un total de 1.877 personnes ont été empêchées de rejoindre, depuis la Tunisie, des organisations djihadistes dans les "zones de tension"».
 
Depuis le début 2016 également, 1.733 assauts contre des domiciles soupçonnés d’abriter des «éléments terroristes et extrémistes», 33 cellules terroristes ont été démantelées et 140 personnes ont été arrêtées pour leur implication dans des opérations de transfert de jeunes vers les zones de conflit.
 
«D’une manière générale, la situation sécuritaire est bonne. Il y a des indicateurs très positifs», a déclaré Yasser Mebah, le responsable de la communication du ministère de l’Intérieur.
 
«Un grand arsenal de mesures sécuritaires» est même prévu pour protéger les événements à venir en Tunisie, dont le pèlerinage juif à la synagogue de la Ghriba à Djerba, prévu les 25 et 26 mai prochains.
 
Un message à l'attention sans doute d’Israël, qui a émis une mise en garde «sérieuse» à ses citoyens, leur enjoignant de ne pas se rendre à Djerba «en raison d’un haut niveau d’alerte contre les cibles juives» dans ce pays.