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LA VIDEO. Afrique: quand la démocratie triomphe

Par Falila Gbadamassi@GeopolisAfrique | Publié le 19/10/2017 à 11H27, mis à jour le 25/10/2017 à 16H34

Diffusé le 16/10/2017 - Franceinfo/Géopolis

Le continent africain n'est pas exemplaire en matière de démocratie. Mais quand les institutions fonctionnent et que la société civile se mobilise, la vie démocratique est préservée. Exemples au Kenya, en Tunisie ou encore au Bénin.


Contrairement à 2013, la Cour suprême du Kenya a donné raison au candidat de l’opposition, Raila Odinga. Il estimait que le scrutin du 8 août 2017, remporté par le président sortant Uhuru Kenyatta, était entaché d’irrégularités.

Le chef de l'opposition kényane n'est d'ailleurs pas candidat à la nouvelle élection prévue le 26 octobre et il a appelé ses partisans à manifester le jour du scrutin. Le Kenya est plongé dans une crise politique dont les racines sont liées à une décision historique.

«Nul et non avenu» 
«L’élection présidentielle du 8 août 2017 n’a pas été conduite en adéquation avec la Constitution et la loi applicable. Ce qui rend son résultat nul et non avenu», déclarait le 1er septembre 2017 le juge David Maraga, juge en chef de la Cour suprême du Kenya. Le pays est devenu ainsi le premier pays africain et le troisième au monde à avoir annulé une éléction présidentielle.

Fait exceptionnel sur un continent qui n’a pas bonne presse en matière de démocratie. Pourtant, ce n’est pas la première fois que le jeu démocratique y est préservé de façon inédite.

Un Nobel de la paix pour Tunis
En Tunisie, par exemple, le quartette du dialogue national tunisien a obtenu le prix Nobel de la paix «pour sa contribution décisive dans la construction d’une démocratie pluraliste» dans ce pays. 

En 2013, deux ans après la révolution de Jasmin en Tunisie, deux figures majeures de l’opposition, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, sont assassinées. Dans les rues, les Tunisiens expriment leur ras-le-bol des islamistes qui sont au pouvoir. Les acquis de la révolution sont menacés.

Le quartette du dialogue national tunisien, composé des acteurs majeurs de la société civile, voit le jour en juillet 2013. Il organise avec succès le dialogue entre l’opposition et les islamistes. Le processus aboutit en 2014 à la tenue des premières élections législatives depuis la révolution.

La conférence nationale: aux origines de la démocratie béninoise 
C’est aussi à la suite d’un dialogue national, qui reste dans les annales politiques du continent, que le Benin a rompu avec la dictature. En 1991, le président Mathieu Kérékou est battu à la première élection démocratique organisée dans le pays depuis 1972, date de son arrivée au pouvoir.

Cette reddition politique est le fruit de ce que l’on a appelé «la conférence nationale des forces vives». Le pays connaît alors une crise économique sans précédent et le régime dictatorial de Mathieu Kérékou est à bout de souffle.

Du 19 au 28 février 1990, quelque 500 délégués représentant le Bénin dans sa diversité socio-économique, politique et militaire, y participent. La conférence nationale offre une sortie politique digne à Mathieu Kérékou. Et il l’accepte.

Depuis le début des années 90, le Bénin est un pionnier en matière de démocratie, notamment dans le pré-carré français. Car la démocratie n’est pas que l’affaire du peuple, de la société civile ou encore des institutions. Le sort démocratique de certains Etats se décide parfois en dehors de leurs frontières: En 1990, c’était à La Baule, en France. 

Pressions géopolitiques
Lors du sommet France-Afrique, le président françois Mitterrand insiste dans un discours prononcé le 20 juin 1990 sur la nécessité se se tourner vers la démocratie. En s'adressant à ses homologues africains, il affirme que «c'est la direction qu'il faut prendre».

Le chef d'Etat français va jusqu'à conditionner l'aide au développement aux efforts des pays africains en matière de démocratie. «Il est évident que cette aide traditionnelle (l'aide au développement), déjà ancienne, sera plus tiède en face de régimes qui se comporteraient de façon autoritaire sans accepter l’évolution vers la démocratie», déclare-t-il lors d'une conférence de presse, au terme du sommet. 

Afin de préserver leurs relations avec Paris, nombre des dirigeants des anciennes colonies françaises tenteront de suivre l’exemple béninois. En vain.