Vidéo

Monde

LA VIDEO. Femmes au pouvoir : elles sont encore rares!

Par Falila Gbadamassi@GeopolisAfrique | Publié le 17/10/2016 à 14H57, mis à jour le 19/10/2016 à 15H37

Los Cabos Mexique 18 juin 2012 réunion Brics en marge G20.
© AFP PHOTO / PRESIDENTIAL BRASIL / ROBERTO STUCKERT FILHO / HO

Les Américains pourraient confier les rênes de leur pays à une femme, la candidate démocrate Hillary Clinton. Aujourd’hui, une vingtaine d’Etats sont dirigés par une femme. Entre autres, Angela Merkel en Allemagne, Sheikh Hasina au Bangladesh, Michelle Bachelet au Chili, Ellen Johnson Sirleaf au Liberia ou encore Tsai Ing-wen à Taïwan.


Femmes au pouvoir rime aujourd'hui avec rareté. A quelques exceptions près. En matière de parité en politique, les pays nordiques sont des champions. La proportion de femmes parlementaires est de 41%, le double de la moyenne mondiale.

Mais l'Asie regorge de nombreuses pionnières. C’est au Sri-Lanka qu’une femme est devenue Premier ministre d’un pays pour la première fois. Et c'est le Pakistan de Benazir Bhutto qui a porté pour la première fois au poste de Premier ministre une femme dans un pays musulman.

Le pouvoir de père en fille: une particularité asiatique
Autre particularité de la région: la politique est un gène qui se transmet souvent de père en fille.

La Première ministre indienne Indira Gandhi était la fille du Premier ministre Nehru. La conseillère d’Etat de Birmanie Aung San Suu Kyi est la fille du général Aung San, père de l’indépendance birmane.


Des préjugés et des femmes
Une femme au sommet de l'Etat est si rare que celles qui y parviennent font l'objet de bien des préjugés. Cette phrase du poète français Alphonse de Lamartine en dit long. «Les femmes qui (...) ont voulu sortir de la vie intérieure pour se hisser dans la vie extérieure sur les tréteaux de la politique ne sont pas des femmes, ce sont des êtres sans sexe (...), scandalisant la nature plus encore que la société», estimait alors l'homme de lettres français.

Ces femmes «scandaleuses» prennent pour surnom «dames de fer». Margaret Thatcher, la Première ministre britannique qui l’a inspiré, s’en accommodait avec humour.

Si les femmes au pouvoir ne sont pas plus impitoyables que les hommes, elles ne sont pas pour autant des anges. Pour le commun des mortels, elles seraient moins corrompues que leurs homologues masculins.

Les démêlés judiciaires de l’ancienne présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner et une étude publiée en 2013 tordent le coup à cette idée reçue.

Selon cette enquête, les rares femmes qui accèdent au pouvoir n’ont aucun impact sur la corruption dans les régimes autocratiques. A contrario, dans des systèmes plus démocratiques où la justice est plus efficace, ce serait plutôt la faible propension des femmes à prendre des risques qui expliquerait une corruption moindre.

Une certitude, néanmoins, que clame haut et fort celle qui fut la première femme à être élue au suffrage universel direct, l'ancienne présidente islandaise, Vigdís Finnbogadóttir: un monde où les femmes occuperaient des postes à responsabilité ne saurait être pire. 

Pour Beyoncé, et peut-être pour vous, l’affaire est entendue. Dans sa célèbre chanson Run The World (Runs), à la question «Qui dirige le monde?», l’artiste américaine répond: «Les filles!»