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LA VIDEO. Les enfants victimes oubliées de Boko Haram

Par Jacques Deveaux@GeopolisFTV | Publié le 19/05/2017 à 14H27

Enfant devant son école à Maiduguri
Un enfant longe le mur de son école de la mosquée Gindin Kurna à Maiduguri. Là même où un jeune de 17 ans se faisait exploser le 16 janvier 2017. © UNICEF/Gilbertson

L’enlèvement des 200 lycéennes de Chibok en avril 2014 reste l’action la plus spectaculaire menée par Boko Haram à l’encontre d’enfants. Mais la violence est permanente dans le nord du Nigeria et les enfants la subissent sous des formes variables. La pire, en perpétrant des attentats-suicides.


Un rapport de l’Unicef fait état de 27 attaques-suicides perpétrées par des enfants au cours du 1er trimestre 2017. Ce chiffre «est presque le même que celui de toute l'année dernière. C'est la pire utilisation possible des enfants dans les conflits», explique Marie-Pierre Poirier, directrice régionale de l'Unicef pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Depuis 2014, 117 enfants ont ainsi été utilisés pour mener des attaques à la bombe au Nigeria, Niger, Tchad et Cameroun, poursuit le rapport. En grande majorité, ce sont des filles qui exécutent ces attaques. Car elles sont moins suspectées de porter des explosifs. Mais devant l’ampleur des attentats perpétrés ainsi, cette mansuétude tend à disparaitre. Aux check points, elles sont même particulièrement contrôlées.
 
Détentions administratives
Ainsi, dans les quatre pays cités, 1500 enfants étaient détenus en 2016 aux fins d’interrogatoire. «Ils sont détenus dans des casernes, séparés de leurs parents, sans suivi médical, sans soutien psychologique, sans éducation, dans des conditions et pour des durées que l'on ignore», explique à l’AFP Patrick Rose, coordonnateur régional de l’Unicef. «Ils les interrogent sur ce qu'ils ont vu pour avoir des renseignements sur le conflit.»
  
Les enfants enlevés et libérés deviennent également suspects lorsqu’ils reviennent dans leur communauté. Selon l’Unicef, des enfants approchés de près ou de loin par Boko Haram, gardent pour eux cette expérience. Ils craignent des représailles de la part de leur communauté. La stigmatisation est telle que certains doivent quitter le groupe.

Reportage AFP vidéo mis en ligne le 18/05/2017


L’autre menace, la malnutrition
Dans le nord-est du Nigeria, le nombre d'enfants atteints de malnutrition aiguë sévère devrait atteindre 450.000 cette année dans les Etats d’Adamawa, Borno et Yobi, touchés par le conflit. Fews Net, le système d'alerte rapide aux risques de famine qui surveille l'insécurité alimentaire, a déclaré fin 2016 que la famine était probablement une réalité dans certaines régions de Borno auparavant inaccessibles, qu'elle serait encore en cours en ce début 2017 – et qu’elle se poursuivrait dans d’autres zones qui restent encore aujourd’hui inaccessibles à toute aide humanitaire.