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LA VIDEO. Les Karana, une minorité victime des préjugés à Madagascar

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 29/05/2018 à 12H09

Vue Tananarive
Vue de Tananarive, capitale de Madagascar. © GIUGLIO Gil / hemis.fr / Hemis

Les enlèvements sont un fléau sur la Grande Ile, dans un contexte d’explosion de la délinquance. De nombreuses communautés sont touchées, éleveurs ou commerçants. Les Karana, Indo-Pakistanais réputés dans le commerce, sont particulièrement visés. Les malfaiteurs les supposent riches et les Karana sont une cible de choix. Retour sur une stigmatisation.


Les Karana n’ont pas que des amis, et pas seulement chez les voyous. La communauté est originaire de l’Inde, d’où elle commence à émigrer à la fin du XVIIe siècle, puis surtout au XIXe. Après l’indépendance en 1960, beaucoup conservent la nationalité française, ce qui bien sûr ne contribue pas à leur attirer de la sympathie dans une ambiance nationaliste.
 
De plus, ce sont des commerçants, jalousés  pour leur réussite, et à qui on prête toutes les infamies. Le clan de l'ancien président Marc Ravalomanana les accuse même d’avoir financé le putsch qui a forcé l’ex-chef de l’Etat à quitter le pouvoir en 2009. La page qui leur est consacré sur le site du Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris, en dit long sur l’animosité qui règne vis-à-vis des Karana dans la communauté malgache.
 
On ne connait pas précisément le nombre de membres de la communauté. Sans doute plus de 20.000. Beaucoup ne sont pas considérés comme des citoyens malgaches bien que nés sur l’île. Ceci explique pourquoi certains ont conservé la nationalité française puisqu’ils n’en avaient pas d’autre ! Désormais, grâce à une loi votée en 2017, tout enfant né sur le sol malgache d’au moins un parent malgache, obtiendra la nationalité.

reportage AFP TV

Une ségrégation qui a longtemps empêché les Karana d’accéder à l’éducation et à l’emploi, écrit l’agence onusienne du HCR. Aussi contrairement aux clichés tenaces, les Karana sont très souvent pauvres.
Mais les plus riches font des envieux. Et les enlèvements se multiplient. Selon l’AFP, on en serait à 14 depuis 2017. Un phénomène difficile à contrer, dans un contexte partagé entre discrétion de la communauté et absence de zèle de la police.