Eclairage

Il faut un véritable agenda européen pour créer les villes européennes de demain

Par Dominique Voegele@GeopolisFTV | Publié le 24/09/2015 à 14H31, mis à jour le 24/09/2015 à 15H28

Ville Transports
© EP 2014

C’est une petite phrase qui conclut un rapport sur le futur de nos villes : «L’avenir de l’Europe dépend de nos villes de demain.» Presque une évidence lorsque l’on sait que plus de 70% des Européens vivent dans les zones urbaines. En 1950, les villes abritaient à peine 50% de la population européenne. Les villes sont donc un vrai sujet, et représentent un vrai défi pour l’Union européenne.


Auprès des institutions européennes, il s’agit d’une prise de conscience qui s’est faite petit à petit. Tout commence à la fin des années 80. On se rend compte des inégalités sociales et économiques qui se développent, on lance un certain nombre d’études et de travaux prospectifs. En 1993, un rapport fait la synthèse de certaines expériences menées en milieu urbain, avant tout en France et en Grande-Bretagne, deux pays à l’époque en pointe. Viendront alors les programmes de rénovation de quartiers en difficultés, les programmes Urban. Mais il s’agissait là de programmes très sélectifs, choisissant les quartiers un par un ou presque. La politique urbaine de l’Europe restait à définir.
 
Une réflexion nouvelle
Dès 1997, la Commission européenne proposera dans un premier texte de mieux inclure la problématique des villes dans les politiques européennes. On ne citera pas tous les travaux et rapports effectués, toutes les rencontres ministérielles sur le sujet, mais deux étapes retiennent l’attention. En 2007, un audit est rendu public après des études qui ont touché 258 villes européennes. Une collecte de données qui avait débuté en 2002. Et puis on pense déjà aux villes de demain. L’étude est publiée en 2011. Il est clair que les réflexions ont bien changé. Où l’on retrouve la phrase en début de mon papier sur le poids des villes dans l’avenir de l’Europe.

Tout récemment encore, un rapport du Parlement européen insistait sur la nécessité de mieux définir de véritables lignes directrices au sein même des politiques communautaires. Car les villes ne sont pas uniquement un problème, des dossiers à gérer, les villes sont un des moteurs du fonctionnement de l’Union européenne. L’eurodéputée d’Europe Ecologie les Verts Karima Delli, très active dans l’intergroupe Urban du Parlement européen est intarissable sur le sujet.

 
Seulement voilà, les villes sont très différentes les unes des autres, elles concentrent à la fois de véritables défis, par exemple, sur le plan de la défense de l’environnement ou de la cohésion sociale et sont territoires d’innovation et d’expérimentation. Elles sont également très souvent regroupées en réseaux, échangeant bonnes pratiques et informations. On pense aux Smart cities, les villes intelligentes, ou encore aux villes collaborant dans le domaine de l’énergie. Les exemples sont multiples.

Depuis, la nouvelle politique de cohésion (2014-2020), 5% au moins des fonds du FEDER, le Fonds de Développement Régional, doivent être consacrés aux villes et au développement durable dans les villes. Et l’on s’achemine vers une réflexion politique plus globale, celle d’un agenda urbain européen.

Les explications de Marc Joulaud, député européen les Républicains et membre de la Commission du développement régional au Parlement européen.


Il est sans doute un secteur qui exprime bien les défis, les besoins, voire les contradictions qui peuvent s’exprimer dans la ville. Celui du transport. Il faut moins polluer, mais toucher le plus d’usagers possibles, permettre la coexistence de modes de transports très différents les uns des autres, voire coupler plusieurs types de transports urbains. Le Parlement européen prépare un rapport sur ce thème, celui de la mobilité urbaine. Et cela, même si la notion recouvre plusieurs idées, plusieurs pistes de réflexion. Un dossier dans lequel la question du développement durable prend tout son sens. Un rapport préparé par Karima Delli.


Le terrain de jeu urbain est énorme pour toutes les politiques européennes. Il ne s’agit pas, il ne s’agit plus d’imposer des politiques d’en haut, mais bien de faire participer les villes au processus de décisions européen. Les villes, on l’a vu, sont associées en réseaux, elles échangent, s’informent, pratiquent, expérimentent. Et veulent participer. Voilà un secteur où le terme subsidiarité, un des grands crédos européens, doit prendre tout son sens. L’Europe peut encadrer, faciliter, coordonner, mais l’échelon local, celui au plus près du citoyen doit garder sa pertinence. L’agenda urbain européen doit pouvoir emprunter cette voie.

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