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Le baobab, richesse méconnue des Sud-Africaines

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 24/09/2018 à 15H25

Tri cabosses sous baobab
Deux glaneuses de «pain de singe» dans la province du Limpopo. © MARCO LONGARI / AFP

Depuis une dizaine d’années, l’Afrique du Sud veut profiter de l’engouement mondial pour le fruit du baobab. Celui qu’on appelle «pain de singe» est paré de toutes les vertus: haute teneur en antioxydants, en fibres, en vitamines et minéraux. Un nouvel alicament qui fait le bonheur de milliers de glaneuses en Afrique du Sud.


Agréablement acidulé, le fruit est broyé et entre dans des tas de compositions, sauces ou smoothies, sodas et glaces. C’est devenu la coqueluche des Occidentaux.
 
En Afrique du Sud, ce sont les femmes qui s’occupent de la récolte. Elles ramassent les fruits tombés au pied des arbres. A Mutale, une commune de la province du Limpopo, les femmes se sont regroupées depuis 2006. Elles sont un bon millier à vivre de la récolte du «pain de singe».

«Avant, je ne savais pas que le baobab pouvait avoir une quelconque valeur», commente Annah Muvhali, l’une d’entre elles. Aujourd’hui, elle pose devant la maison qu’elle a fait construire grâce aux revenus du baobab. Les exportations illustrent le succès du fruit. Elles ont été multipliées par neuf entre 2013 et 2017, pour atteindre 450 tonnes. Cette année, les Etats-Unis ont doublé leurs importations, selon l'African Baobab Alliance.
 

reportage AFP

L’entreprise Ecoproducts, qui rachète les fruits aux glaneuses, mène également une action écoresponsable. Les femmes sont payées pour entretenir les arbres. «Dès que l'arbre grandit d'un centimètre, elles perçoivent un peu d'argent et sont payées ainsi jusqu'à ce que l'arbre atteigne trois mètres de hauteur, ce qui garantit qu'il vivra ensuite pendant un millier d'années», explique la responsable, Sarah Venter. Chaque centimètre gagné rapporte 18 euros.

Mais revers de la médaille, cet arbre particulièrement résistant pousse très lentement. Parfois ses fruits n’apparaissent qu’au bout de deux cents ans. Un arrosage régulier peut ainsi réduire le délai à trente ans.

Clairement ici, on est aux antipodes des avis des experts scientifiques qui s’inquiètent de la survie des baobabs, en particulier à Madagascar, comme nous le relations sur Géopolis dans un précédent article.