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Le Bénin investit pour sauver le parc animalier de la Pendjari

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisAfrique | Publié le 08/06/2017 à 15H31, mis à jour le 08/06/2017 à 17H53

Au Bénin dans vallée Pendjari.
Dans la vallée de la Pendjari, au Bénin. © PHILIPPE ROY / Aurimages

Le gouvernement béninois a lancé un projet d'investissement sur dix ans pour sécuriser et réhabiliter le parc animalier de la Pendjari, un des derniers intacts d'Afrique de l'Ouest. Devenu un nouveau sanctuaire pour les braconniers, ce territoire de 4.800 km² compte de moins en moins d'animaux, ce qui veut dire moins de touristes et de retombées économiques.


Le parc animalier de la Pendjari, ancienne réserve de chasse pour l'administration coloniale, fait partie de 45 projets d'investissement lancés par le président béninois Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, pour relancer l'économie du pays.

Ce parc situé au nord-ouest du Bénin, ainsi que sur une partie du Niger et du Burkina Faso, espère augmenter d'un tiers le nombre de ses visiteurs qui viennent découvrir éléphants, lépopards et crocodiles. Ils passeraient de 6.000 à 9.000 visiteurs annuels sur dix ans. C'est dans cet objectif et celui de «doubler les populations d'animaux sauvages dans le parc en dix ans» que l'Etat a signé un accord de parternariat avec African Parks, une ONG internationale chargée de la réhabilitation et de la gestion à long terme de onze parcs nationaux et territoires protégés dans huit pays africains couvrant six millions d'hectares. 

Le gouvernement injectera ainsi 5,2 millions d'euros sur un projet global de réhabilitation du parc qui s'élève à 23 millions d'euros. Cette somme sera partiellement prise en charge par des fondations de protection de l'environnement. Ce partenariat avec African Parks prévoit une clôture de 190 km et la formation de 90 gardes spécialisés dédiés à la sécurité du site. Toujours dans le volet sécuritaire, un réseau de communication et de géolocalisation couvrira l'ensemble du site pour permettre de centraliser toutes les informations liées aux activités du parc.

Cet investissement est jugé «salutaire» par l'agence de sauvegarde de l'environnement AALF-Bénin (Appui à l'application des lois sur la faune et la flore). Outre le volet sécuritaire, enjeu majeur de ce partenariat, l'investissement portera aussi sur la conservation de la biodiversité.


Pour Jules Dovi, le coordinateur d'AALF-Bénin, le fléau du braconnage ne date pas d'hier. «Nous avons pris conscience de l'ampleur du problème en 2014. Il ne se passe pas un mois sans que l'on arrête des trafiquants», explique-t-il. Début mai, trois hippopotames ont été retrouvés décapités dans le parc. Le genre de spectacle que les touristes n'ont pas envie de découvrir en safari photo.

Développer un tourisme responsable, en assurant le développement économique de la région, passera aussi par la construction de trois terrains d'aviation à proximité du parc.

Le Bénin a fait du développement du tourisme une de ses priorités. «Notre objectif d'ici la fin du quinquennat est d'atteindre 700.000 touristes (contre 200.000 actuellement, NDLR)», explique José Pliya, directeur de l'Agence Nationale du Patrimoine et du Tourisme du Bénin, grâce à un investissement de 600 milliards de francs CFA (près d'un milliard d'euros) sur cinq ans, financé notamment par un emprunt à la Banque Mondiale. «Un effort sans précédent» dans ce secteur, selon lui.