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Société,  Botswana

Le Botswana protège ses ânes et interdit les exportations de peaux et viande

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 04/07/2017 à 10H49

Le Botswana interdit l'exportation ses ânes vers Chine
Un Masaï et ses ânes sur les bords du lac Magadi au Kenya.
© Michel et Christine Denis-Huot / Biosphoto

Pour stopper le juteux et meurtrier trafic d'ânes sur son territoire, le Botswana a suspendu, pour une durée illimitée, les autorisations d’exportation de peaux et viande de cet animal, réputées en Chine pour leur soi-disant vertus médicinales.


Après les cornes de rhinocéros, la peau d'âne est à son tour convoitée en Asie. La gélatine qu'elle contient est très prisée des médecins traditionnels chinois qui lui prêtent des vertus, notamment pour lutter contre les insomnies ou retarder la ménopause. Ce qui pousse ces derniers à s'approvisionner en Afrique où des milliers d'ânes sont tués chaque année. C'est pour assécher ce commerce illégal que les autorités du Botswana ont – comme le Kenya – décidé en 2016, de légaliser le commerce des ânes. Elles se sont finalement décidé à l'interdire en raison de la poursuite des «abattages cruels et indiscriminés d'ânes», selon le communiqué du ministère de l'Agriculture.

Moins anecdotique qu'il n'y paraît, le trafic de peaux d'ânes est tout aussi juteux et meurtrier que celui de l'ivoire. Frappé par ce fléau, le Niger, le Sénégal, le Mali ou le Burkina Faso ont tous progressivment tenté de limiter les ventes d'ânes à l'étranger en les encadrant ou les interdisant. Jeune afrique rappelait en 2016 que le Burkina Faso estimait à 45.000 le nombre d'ânes abattus en un an seulement sur les 1.370.000 recensés en 2015. Le trafic de peaux y aurait été multiplié par 18 en direction du Nigeria, selon le journal.


Le Botswana vient quant à lui d'exhorter ses éleveurs et fermiers à redoubler de vigilance pour protéger leur bétail. Utilisé pour la traie ou le transport, l'âne a une fonction sociale et économique sur le continent africain. notamment dans les milieux ruraux.


Principale consommatrice, la Chine a vu sa population d'ânes chuter de 11 millions de têtes dans les années 1990 à 6 millions en 2013, selon les statistiques de Pékin, citées par l'AFP. Outre ses pouvoirs médicinaux, la peau d’âne est également consommée sous forme de boisson baptisée «ejiao», accompagnée de noix et de graines en guise d'apéritif. Dans certaines régions de Chine, la viande d'âne est servie dans les restaurants.