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Politique,  Mali,  Afrique

Le Canada envoie enfin des casques bleus au Mali

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 19/03/2018 à 16H29, mis à jour le 19/03/2018 à 16H29

Armée canadienne
Armée canadienne

Cette fois ça y est. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé l’envoi de casques bleus au Mali. Il tient ainsi sa promesse de campagne électorale de 2015, renouvelée en 2017, de réengager son pays dans la défense de la paix. Le contingent canadien sera opérationnel à l’été 2018.


Il y aura des hélicoptères. Histoire de compenser le départ, au début de l’année 2017, des sept appareils néerlandais. Depuis, cette absence se faisait cruellement sentir, tant sur le plan du soutien aérien que de la logistique. Ce déploiement cadre bien aussi avec la philosophie affichée par le Canada «de soutien logistique et d’assistance» aux forces de la Minusma, déployées depuis 2013.
 
En novembre 2017, lors d’un discours à Vancouver, au Sommet pour le maintien de la paix, Justin Trudeau avait confirmé ses engagements de campagne. Il annonçait la création d’une force de réaction rapide d’environ 200 hommes. Il voulait ainsi que son pays renoue avec une politique de soldats de la paix. Mais si le Canada était prêt à agir pour la paix en Afrique, le point de chute n’était pas arrêté et il n’en manquait pas.

«Il était grand temps»
Pour Walter Dorn, professeur au département des Etudes de la défense du Collège militaire royal du Canada, cité par Radio Canada, il était grand temps qu’une décision soit prise. «Cela a pris beaucoup trop de temps. Je pense que le cabinet hésitait et retardait sa décision. Cela dit, je suis heureux que le gouvernement engage des troupes.»
 
La France a fait amicalement pression pour que le choix des Canadiens se porte sur le Mali. «Tout le monde a intérêt à participer à renforcer la sécurité dans le Sahel», a expliqué un responsable canadien à l’AFP. Visiblement, Paris a su convaincre. Mais on sait déjà que cette mission sera temporaire, pas plus d’un an. Le nombre de personnels engagés est nettement inférieur à celui annoncé dans un premier temps. Justin Trudeau avait parlé de 600 hommes.

150 Casques bleus tués 
Il n'en reste pas moins que ce renfort est un signal fort adressé à la communauté internationale. Le Sahel est un haut lieu de lutte contre le terrorisme. Selon la France, la Minusma souffre d’un déficit de 2500 hommes pour mener à bien sa mission. Depuis sa création en 2013, la force des Nations Unies a perdu 150 Casques Bleus. Cela en fait la mission de maintien de la paix la plus dangereuse au monde.