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Le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly inaugure une école à son nom en Guinée

Par Alain Chemali@GeopolisAfrique | Publié le 15/11/2017 à 16H42, mis à jour le 15/11/2017 à 16H42

Le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly
Le rastaman ivoirien, Tiken Jah Fakoly, en concert lors du 52e Festival international de Carthage, au Théâtre archéologique, le 17 août 2016 en Tunisie. © Amine Landoulsi/Anadolu Agency

Etoile mondiale du reggae, le chanteur-compositeur ivoirien Tiken Jah Fakoly ne se contente pas de donner de la voix, il est aussi dans l’action. Grâce à son initiative Un concert une école, il vient d’inaugurer un établissement scolaire portant son nom dans un village de Guinée Conakry. Son objectif: scolariser les filles et éviter aux jeunes l’expérience d’une migration aventureuse.


Après la construction d’un collège à Dianké, dans le nord du Mali, et celle d’une école primaire à Touroni, dans le nord de la Côte d’Ivoire, le chanteur-compositeur de reggae Tiken Jah Fakoly poursuit son initiative Un concert, une école.
 
Il a inauguré le 11 novembre 2017, dans le village de Sokoro, de la préfecture de la ville aurifère de Siguiri en Guinée Conakry, une école publique à son nom… Et pour cause.

Les enfants ne vont pas à l'école parce qu'elle est très loin 
Cette nouvelle école a, en effet, été construite grâce à son projet lancé en 2009 et destiné à recueillir des fonds pour favoriser l’accès à l’éducation des jeunes.
 
«L’histoire a commencé en 1997 lorsque j’étais en train de tourner un clip dans ce village, raconte-t-il à Maliactu.net. C’était un lundi matin et il y avait plein de gamins autour de moi. Je leur ai demandé pourquoi ils n’allaient pas à l’école et ils m’ont répondu qu’elle était très loin.»
 
«Je suis donc allé voir le chef de village et je lui ai fait la promesse que tôt ou tard je viendrais construire une école primaire chez lui pour que ces enfants n’aient pas à parcourir quinze kilomètres tous les matins.»
 
Promesse tenue, pour la plus grande joie des habitants de Sokoro, village de ses ancêtres, venus nombreux à la cérémonie d’inauguration, présidée par le ministre guinéen de l’Education en personne.

 «L'Etat était absent ici, Tiken Jah Fakoly l'a remplacé»
«L’école est à vous, prenez soin d’elle, faites en sorte que les jeunes filles soient scolarisées, évitez-leur d’aller dans des mines ou d’autres aventures, car l’école réveille les populations», a lancé le chanteur ivoirien à cette occasion.
 
Un credo salué par le ministre, en présence de représentants de partenaires du projet: le secours catholique France des Vosges, la Mairie de Clichy-la-Garenne, le groupe Sinsemilia et l’ONG Enfance du globe, selon MaliActu.net.
 
«Tiken Jah fakoly est un exemple à suivre car, construire une école publique, c’est faire de l’humanitaire», a dit Ibrahima Kalil Konaté, reconnaissant que «l’Etat était absent ici et il l’a remplacé».
 
Formulant  le projet de doter l’école d’un forage, d’une cantine et d’autres salles de classes, il a lui aussi souhaité aux parents d’élèves que «cette école serve désormais à lutter contre les mariages forcés ou le départ des jeunes vers la Méditerranée et les sites d’orpaillage».

Tiken Jah Fakoly déconseille à Alpha Condé de briguer un 3e mandat 
De son vrai nom Doumbia Moussa Kakoly,  le reggaeman est âgé de 49 ans. Il s’est rendu célèbre avec sa chanson engagée Quitte le pouvoir, lancée à l’adresse des dirigeants du continent accrochés indéfiniment à leur siège.
 
Un engagement qui ne se dément pas. Lors de son passage à Siguiri, il n’a pas hésité à déconseiller au président guinéen Alpha Condé, dont le deuxième et dernier mandat expire en 2020, d’en briguer un troisième.
 
«Car tous les présidents qui l’ont fait, sont partis par la petite porte de l’Histoire», a-t-il tenu à rappeler à celui qu’il avait défendu par une chanson lorsque l’ancien président, Lansana Conté, l’avait jeté en prison en 1998.  
 
Parallèlement à son activisme pour l’éducation et sa vigilance politique, le chanteur, fait également son entrée dans les médias.
 
Après Alpha Blondy, qui a crée en 2014 Alpha Blondy FM, «la fréquence qui fait sourire le bon dieu», il a rendu publique, le 21 octobre 2017, sa présence sur les ondes. «Je vous annonce le lancement de ma radio à Abidjan» sur la fréquence 98.2 FM, a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux. Radio Libre Fakoly, «la voix des sans voix», a-t-il précisé.