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Le chirurgien sud-soudanais Atar, lauréat du prestigieux prix Nansen de l'ONU

Par Géopolis (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 25/09/2018 à 11H57, mis à jour le 25/09/2018 à 11H57

Evan Atar Adaha
Evan Atar Adaha dirige l'unique hôpital opérationnel dans une communauté de plus de 200.000 personnes.

© Hannah MCNEISH / AFP

Le chirurgien sud-soudanais Evan Atar Adaha, qui a consacré sa vie à soigner ceux qui fuyaient les violences au Soudan et au Soudan du Sud, est devenu le lauréat du prix Nansen 2018 décerné par le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). La cérémonie de remise du prix se tiendra le 1er octobre à Genève et l'allocution principale y sera prononcée par l'actrice Cate Blanchett.


«Grâce à ses efforts inlassables, des milliers de vies ont été sauvées et d'innombrables hommes, femmes et enfants se sont vu offrir une nouvelle chance de construire leur avenir», a déclaré le haut-commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, dans un communiqué. Le prix Nansen du HCR pour les réfugiés honore des services exceptionnels rendus aux personnes déplacées par les conflits ou les persécutions.

«Cette distinction est décernée en reconnaissance de l’engagement exceptionnel et des efforts inlassables du docteur Atar pour avoir offert ses services à une population de plus de 200.000 personnes, dont environ 144.000 réfugiés originaires de l’Etat du Nil Bleu au Soudan», a déclaré le HCR. Dans des conditions difficiles ainsi qu’avec très peu de fournitures et de matériel, le docteur Atar réalise en moyenne avec son équipe 58 opérations par semaine à l’hôpital de Bunj dans le comté de Maban, au nord-est du Soudan du Sud.

Originaire de Torit, une ville du Soudan du Sud, le Dr Atar a étudié la médecine à Khartoum, au Soudan, avant de pratiquer en Egypte. En 1997, alors que la guerre faisait rage dans l'Etat soudanais du Nil Bleu, il est parti travailler dans cette région où il a créé son premier hôpital, avant de fuir les violences en 2011. Cette même année, le Soudan du Sud, la plus jeune nation du monde, a obtenu son indépendance du Soudan à l'issue d'un référendum. La guerre civile a provoqué la plus grave crise de réfugiés en Afrique en termes de chiffres et la troisième à l'échelle mondiale. Cette crise s'intensifie plus vite que toute autre en Afrique, selon le HCR. Près de 1,9 million de personnes ont été déplacées et 2,5 millions d'individus sont devenus des réfugiés dans les pays voisins.


En 2011, l'intensification des violences a contraint le Dr Atar à fuir, avec son équipe, vers Bunj (à proximité de la frontière du Soudan), où il dirige l'unique hôpital opérationnel pour une communauté de plus de 200.000 personnes. Le HCR observe que l’unique appareil de radiographie de l’hôpital ne fonctionne pas et le bloc opératoire est éclairé par un unique plafonnier. L’électricité est générée par des groupes électrogènes qui tombent souvent en panne. Comme l’hôpital de Maban est l’unique hôpital de l’Etat du Haut-Nil, il est régulièrement surchargé par le nombre de patients et les services débordent hors de ses murs.

Depuis son établissement, «le Dr Atar travaille sans relâche pour mobiliser des financements et former des jeunes aux soins infirmiers et obstétricaux», fait valoir le HCR, selon qui le chirurgien «vit près de l'hôpital sous une simple toile de tente alors que sa famille habite à Nairobi, au Kenya». «Nous traitons tout le monde ici, sans nous soucier de qui ils sont  les réfugiés, les déplacés internes, les membres des communautés hôtes. Ce qui me rend heureux, c’est de me rendre compte que mon travail a épargné de la souffrance ou sauvé la vie de quelqu’un», explique le chirurgien.

La cérémonie de remise du prix Nansen 2018 se tiendra le 1er octobre à Genève et l'allocution principale y sera prononcée par l'actrice Cate Blanchett, ambassadrice de bonne volonté du HCR.