LE DESSIN. Charlie un an après: la caricature de Z

Par Laurent Ribadeau Dumas | Publié le 07/01/2016 à 09H28, mis à jour le 07/01/2016 à 18H42

Le 7 janvier 2015, huit collaborateurs de «Charlie Hebdo» s'effondraient sous les balles de djihadistes. Un an après, le dessinateur franco-tunisien Z revient en exclusivité pour Géopolis, avec son crayon, sur un évènement interprété comme une attaque contre la liberté d'expression. «Charlie me suit», dit Z. Comme il peut dire, à l'instar de millions d'autres citoyens: «Je suis Charlie».

  • «Charlie me suit» dessin caricaturiste Z an après tuerie
    «Charlie me suit»: dessin du caricaturiste Z, un an après la tuerie

    «Je suis sous le choc. Je me sens personnellement en deuil car je connaissais personnellement Charb. Mais l’affaire dépasse le monde des dessinateurs. C’est une déclaration de guerre qui va au-delà du monde de la caricature», expliquait Z à Géopolis le jour même de la tuerie, le 7 janvier 2015. Tout en ajoutant: «Il me faut davantage de recul pour vraiment pouvoir vraiment réagir.» La réaction est venue cinq jours plus tard, sur son blog, DEBATunisie: «Dessiner est devenu un métier à haut risque. Plus difficile encore de dessiner quand on est issu de ces pays où l'islam domine la société. Après ce 7 janvier de merde, où n'importe quel caricaturiste sur Terre ne peut que pleurer Charlie, on attend de nous, dessinateurs "musulmans", un surplus de solidarité, un supplément d'indignation. On aurait même espéré de nous un petit dessin du prophète en guise de soutien à Charb, Cabu ou Wolinski. Et puis, de l'autre côté, "chez nous", en "terre d'islam", où l'opinion reste muette-comme si ce qui se passe en France ne nous concerne pas-, on nous épie, on nous surveille, nous dessinateurs "musulmans"». Lire aussi: «Un an après le massacre de Charlie, le caricaturiste Z parle de son travail © DEBATunisie