Eclairage

Lesotho,  Afrique

Le Lesotho, un Etat «ultra-pauvre» et malade

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 01/09/2014 à 17H38, mis à jour le 01/09/2014 à 17H38

Lesotho après coup état
Le 30 août 2014, le chef du gouvernement, Thomas Thabane, s'est réfugié en Afrique du Sud © AFP

Un nouveau coup d’Etat vient d’attirer l’attention sur le Lesotho. Un pays enclavé dans l’Afrique du sud qui détient l’un des plus fort taux de séropositivité au monde. Le quart de la population est infecté. Un pays malade et parmi les plus pauvres de la planète.


Colonie britannique en 1884, le royaume du Lesotho est devenu indépendant en 1966. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce jeune pays a bien du mal à se construire. L’instabilité politique est permanente. Ainsi, il aura fallu attendre 40 ans pour que le pays organise des élections locales.

Le dernier coup d’état en douceur, la fuite du Premier ministre en Afrique du Sud dans la nuit du 29 août 2014, ne fait que confirmer cette instabilité. Une instabilité largement contrôlée et gérée par Prétoria. En 1998, les Sud-africains ont même déployé des troupes pour ramener le calme à l'issue d'élections générales contestées.
 
L'Afrique du sud tient aussi à bout de bras la faible économie du Lesotho.
C’est en 2004 qu’est lancé le «Highlands Water Project». Il s’agit de faire du Lesotho le château d’eau de la République sud-africaine. Car ce minuscule pays (30.355 km²) possède deux particularités. Son enclavement dans la RSA, et son altitude. Pas un point du pays n’est en dessous de 1000 m.
 
L’hiver, il neige fréquemment et en abondance sur ces montagnes qui reçoivent en moyenne 700 ml d’eau par an. Aussi, le pays attend beaucoup de cet or bleu. Deux grands barrages sont en activité et un troisième est en construction.
 
C’est une voie de développement économique pour ce petit pays d’un peu plus de deux millions d’habitants. Car hormis l’eau, les ressources sont rares. La terre est ingrate sur ces hauts plateaux, si bien que le Lesotho est largement dépendant de l’Afrique du sud. Pendant des années, sa population est allée chercher du travail dans les mines notamment du puissant voisin.
 
Un exode qui n’a guère freiné la pauvreté. Selon les Nations Unies, 40% de la population est considérée comme «ultra-pauvre». C'est-à-dire qu’elle dispose de moins de 1,25 dollar par jour pour vivre.
 
L’espérance de vie dans ce pays a reculé entre 1990 et 2012, passant de 59 à 49 ans. Un responsable à cela, le sida. Le quart des adultes est contaminé, soit le troisième taux au monde. Une surmortalité qui accélère la paupérisation, entre enfants orphelins et vieillards sans ressources.

L’Union européenne participe à un programme d’aide avec le soutien de l’UNICEF. 10.000 ménages perçoivent une aide financière directe. Comme cette grand-mère qui touche 44 dollars par trimestre pour élever ses sept petits enfants.
 
Autant dire que la population est bien loin des rivalités politiques de ses gouvernants.