Le lycaon, chien sauvage longtemps mal-aimé, peu à peu réhabilité

Par Laurent Filippi | Publié le 21/01/2018 à 09H54

Le lycaon, un mammifère carnassier de la famille des canidés, a pratiquement disparu d’Afrique, à l’exception de certains pays du sud et de l’est du continent. Aujourd’hui, scientifiques et défenseurs de l’environnement se mobilisent pour sa sauvegarde et sa réhabilitation.

  • Le lycaon pictus littéralement «loup peint»
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    Le lycaon pictus, littéralement «loup peint»,

    mais surnommé aussi «chien peint», est l’un des plus rares mammifères d’Afrique. Cet animal sauvage au pelage brun ou fauve parsemé de taches est souvent confondu avec la hyène. Confronté à un risque très élevé d’extinction, il est classé dans la catégorie «en danger» sur la liste Rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).  © Michel & Christine Denis-Huot / Biosphoto / AFP

  • Au début XXe siècle
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    Au début du XXe siècle,

    le continent africain comptait environ 500.000 lycaons. Aujourd’hui, ils sont 100 fois moins nombreux. Souvent rangés dans la catégorie de la vermine, ils ont longtemps laissé indifférents les gouvernements et les associations de défense de l’environnement. Et ont été victimes d’une chasse intensive menée par les fermiers, les éleveurs et même les employés des parcs nationaux. Car, selon le site especes-menacees.fr, «ni sa viande ni sa fourrure ne sont commercialisées. Cette espèce était simplement considérée comme nuisible. Elle était accusée de dévorer les animaux d’élevage, de répandre les maladies, de tuer pour le plaisir.» © Pierre Vernay / Biosphoto / AFP

  • D’autres facteurs sont à prendre en considération
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    D’autres facteurs sont à prendre en considération

    pour expliquer cette disparition. «La fragmentation de son habitat engendre des conflits de plus en plus fréquents avec l’homme, et notamment les éleveurs. Il est victime de pièges, de collisions avec des véhicules, d’empoisonnement, de maladies transmises par les chiens domestiques. Les sous-populations composées d’à peine quelques dizaines d’individus sont particulièrement vulnérables en cas d’épidémie», précise le Painted Dog Research Trust, l’une des organisations les plus investies dans la protection du canidé. Elle a déjà lancé deux programmes au Zimbabwe, trois en Zambie et un en Namibie.  © Brigitte Marcon / Biosphoto / AFP /

  • «En pratique
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    «En pratique,

    aucune mesure de conservation n’a été mise en place spécifiquement pour les chiens sauvages», rappelle l’UICN. Mais comme le lycaon a besoin de beaucoup de place pour vivre et se mouvoir - jusqu’à 2.500 kilomètres carrés -, l’UICN ajoute que «les plus grandes réserves n’hébergeront ainsi jamais qu’un nombre limité de chiens sauvages». Elle se réjouit en revanche que le lycaon soit mieux valorisé. Ainsi, aujourd’hui, les chercheurs étudient davantage le lycaon que le guépard. © Michel Bureau / Biosphoto / AFP

  • Le lycaon vit en meute principalement dans sud continent africain
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    Le lycaon vit en meute principalement dans le sud du continent africain,

    dans le Kavango Zambezi ou Kaza, la plus grande réserve naturelle du monde (520.000 km²). Qui se situe sur la zone transfrontalière de cinq pays: Angola, Bostwana, Namibie, Zambie et Zimbabwe. On trouve aussi des lycaons en Afrique du Sud et dans l’est du continent. Le George Adamson Wildlife Preservation Trust (GAWPT) lutte pour sa sauvegarde et sa réintroduction dans le gigantesque écosystème protégé africain (3.300 km²) composé du parc Tsavo au Kenya et du parc Mkomazi en Tanzanie. © Pierre Vernay / Biosphoto / AFP

  • En 1988 réserve Mkomazi était au bord catastrophe écologique.
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    En 1988, la réserve Mkomazi était au bord de la catastrophe écologique.

    Braconnage, surpâturage, incendies volontaires et chasse en étaient les principales raisons. Mais le gouvernement a lancé un programme en vue d'assurer la réhabilitation complète de ce vaste territoire et la réintroduction des espèces en voie de disparition dont le lycaon. En 1989, le gouvernement tanzanien a demandé à la GAWPT d’établir un programme de réhabilitation pour les espèces menacées. Deux millions de dollars ont été investis dans cette entreprise unique. Dodoma continue de soutenir cette action, car la réserve de Mkomazi reste un projet de priorité nationale, l’un des plus importants de la faune en Afrique.  © Janette Hill / Robert Harding Premium / AFP

  • Au Kenya
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    Au Kenya,

    «le lycaon avait disparu depuis les années 1980 de la région de Laikipia. Mais à la surprise générale, il est y revenu au début des années 2000. En quinze ans, l’espèce a même prospéré: 300 à 400 chiens sauvages promènent aujourd’hui leur museau couleur cendre à l’ombre du mont Kenya», raconte le journal «Le Monde». A Laikipia, quatre meutes sont équipées d’un collier radio permettant de les localiser à distance. Les touristes viennent dorénavant observer les chiens sauvages autant que les éléphants ou les léopards. L’espèce constitue désormais une manne financière. © B./HorizonFeatures/Leemage/AFP

  • Un travail fond a été mené avec communautés locales cette région
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    Un travail de fond a été mené avec les communautés locales de cette région,

    afin de montrer le caractère inoffensif de l’animal. Le territoire de Laikipia est composé de ranchs et de propriétés privées, sillonnés de troupeaux de vaches et de chèvres, mais le lycaon s’attaque assez rarement au bétail. On l’accusait à tort, alors que les coupables étaient à chercher parmi les lions ou les léopards, expliquent les spécialistes. Le comportement naturel de l’animal semble avoir changé à Laikipia, s’adaptant petit à petit à la présence humaine. Car ces chiens sauvages ont appris à se méfier des humains. Ils évitent les habitations et ne rentrent pas en contact avec le bétail. © Novack N./HorizonFeatures/Leemage/AFP

  • En Europe depuis plus dix ans
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    En Europe, depuis plus de dix ans,

    le zoo britannique de Chester travaille en étroite collaboration avec la GAWPT. En janvier 2018, sept chiots nés en captivité le 19 novembre 2017 ont été présentés à la presse. «Ils sont les premiers chiots sauvages d'Afrique à naître à Chester et toutes les équipes de gardiens, d'écologistes et de scientifiques du zoo sont ravis de voir à quel point ils sont forts et en santé.» Maintenant tout le travail des spécialistes est de pouvoir réintroduire des populations viables dans leur milieu naturel. © Chester Zoo/Cover Images/SIPA