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Le Maroc et l'Afrique du Sud, deux acteurs de référence en énergie solaire

Par Martin Mateso@GeopolisAfrique | Publié le 11/03/2015 à 11H54, mis à jour le 11/03/2015 à 11H54

La centrale solaire d'Ain Beni Mahtar près d'Oudja au Maroc
La centrale solaire d'Ain Beni près d'Oudja, au Maroc, le 31 mai 2011. © Photo AFP/Abdelhak Senna

Avec 5 à 7 kilowatts d'énergie solaire au mètre carré, l'Afrique possède une ressource inépuisable pour éclairer ses villes et ses villages. Plusieurs pays misent désormais sur le solaire pour développer leurs économies. C'est le cas du Maroc et de l'Afrique du sud, deux acteurs de référence dans ce domaine. Ces deux pays ont mis en chantier les plus grandes centrales solaires du continent.

Août 2015, c’est la date annoncée par Rabat pour la mise en service de la première phase du complexe solaire Noor. Un vaste projet de développement du solaire comprenant cinq parcs pour un coût de sept milliards d’euros.  

La première centrale de Ouarzazate Noor 1 qui sera bientôt opérationnelle a été construite aux portes du Sahara dans le sud du pays. Elle produira 160 mégawatts (MW) pour un coût d’investissement de 600 millions d’euros.

Dans la foulée, la deuxième phase du projet sera lancée avec la mise en chantier des centrales Noor 2 et Noor 3, d’une capacité de 500 MW. Fin des travaux prévue en 2017. Les cinq grandes centrales solaires marocaines auront une capacité cumulée de 2000 MW. L’objectif du Maroc est d’arriver à couvrir 42% de ses besoins à l’aide de l’énergie renouvelable à l’horizon 2020.
 

Maroc énergies renouvelables
Capture écran du site gouvernement marocain sur sa politique énergétique © DR

Comme en témoigne Jean-Pierre Farandou, le PDG du groupe Keolis dans le journal Les Echos, «la révolution de l’énergie solaire est en marche et la tendance constante à la baisse du coût de production de l’électricité solaire se confirme».

Dans certains pays, comme l’Afrique du Sud, elle est même devenue moins chère que celle produite par les sources traditionnelles : le charbon, le gaz ou le nucléaire.
D’où l’intérêt croissant des pays africains pour cette énergie qui pourrait changer la donne dans le monde rural où un habitant seulement sur dix a accès à l’électricité.
Site centrale solaire Ouarzazate au Maroc

Site du parc solaire de Ouarzazate au Maroc le19 Octobre 2014
© Photo AFP/Abdelhak Senna

9% d’électricité d’énergie renouvelable à l’horizon 2030
Comme le Maroc, l’Afrique du Sud a aussi choisi l’option du solaire avec plusieurs projets de grande envergure. La production a d’ores et déjà commencé avec la mise en service en octobre 2014 de la centrale Jasper près de la ville de Kimberley, dans la province du Cap. D’une puissance de 96 mégawatts, la centrale a coûté 230 millions d’euros. Elle fournira de l’électricité à 80.000 foyers.

Le deuxième grand parc solaire sud-africain sera achevé au cours de l’année 2015 à Prieska, au centre du pays. Elle sera dotée d'une puissance de 86 mégawatts. De quoi assurer la consommation électrique de 45.000 personnes. Coût total d’investissement: 150 millions d’euros. Il est prévu de construire une troisième centrale solaire d’une capacité de 100 mégawatts dans la région du Cap septentrional, au nord-ouest du pays.

L’Afrique du Sud dépend à 85% du charbon pour produire l’électricité dont elle a besoin. Elle s'est fixée un objectif de production de 9% d’électricité d’énergie renouvelable à l’horizon 2030.
 
Le soleil est abondant et gratuit sur le continent. L’Afrique dispose de cinq à sept kilowatts d’énergie solaire par mètre carré. Une énergie inépuisable pour alimenter les centrales solaires qui se construisent du nord au sud du continent. Pour les spécialistes, cet effort doit être accompagné par des mesures visant à faciliter l’acquisition des kits solaires aux populations les plus démunies en milieu rural. Elles représenteront près de la moitié des deux milliards de personnes que comptera l’Afrique d’ici 2050.
 
Aujourd'hui, il faut compter de 450 à 900 euros en moyenne pour équiper un foyer. Une somme difficile à réunir pour la plupart des villageois. D’où la nécessité pour les pouvoirs publics de prendre des mesures d’incitations fiscales en supprimant les taxes et droits de douanes sur les panneaux solaires importés.