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Le message du FMI au Maghreb: réfléchissez aux «frustrations» de vos citoyens

Par Véronique le Jeune (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 29/01/2018 à 17H38, mis à jour le 29/01/2018 à 18H03

Le président algérien Bouteflika présidente FMI Christine Lagarde2013
Le président algérien Bouteflika, toujours en poste début 2018, recevait en 2013 à Alger la présidente du FMI Christine Lagarde, dont le mandat de cinq ans a été renouvelé en 2016. © Farouk BATICHE / AFP

Alors que le 29 janvier 2018, s'ouvre à Marrakech, au Maroc, une conférence intitulée «Opportunités pour tous», le Fonds monétaire international, qui l'organise, n'y va pas par quatre chemins. «Croissance faible, chômage élevé et corruption endémique» sont, selon l'organisation, les principaux maux dont des pays arabes d'Afrique du Nord comme l'Egypte et la Tunisie doivent guérir sans délai.


Dans une note rédigée en amont de la conférence de Marrakech, le directeur du département du Moyen-Orient du FMI, Jihad Azour, s'est intéressé aux pays arabes d'Afrique. «La montée des tensions sociales et des manifestations dans plusieurs pays (...) d'Afrique du Nord montrent clairement que le désir de prospérité, d'équité et d'avenir des habitants de la région reste insatisfait», écrit-il.

Selon le document, la région affiche des taux d'emploi parmi les plus faibles du monde. Moins d'un adulte sur deux travaille, ce qui découle pour une large part de la faible participation des femmes. 

Des jeunes sans emploi et des assistés
«Avec une population composée à plus de 60% de personnes de moins de 30 ans, la région a désespérément besoin d'une croissance plus vigoureuse et de plus d'emplois», précise M.Azour qui insiste aussi sur le fait que «depuis des décennies, de nombreux pays de la région souffrent d'un modèle d'assistanat, où le secteur public pourvoit à un cinquième des emplois».

Environ 5,5 millions de jeunes arriveront chaque année sur le marché du travail dans les cinq prochaines années, selon le FMI. Une population active sous-employée donc, à quoi s'ajoutent une productivité anémique et une situation budgétaire tendue.

Pour l'organisation internationale, une seule solution à tous ces maux, accrus ces dernières années par des attentats terroristes: les réformes. Des réformes «bien conçues, bien échelonnées et appliquées de façon équitable à toute la population», précise le FMI.

L'incompréhension des populations
Jusqu'à présent, les réformes menées dans les pays qui, comme la Tunisie ou l'Egypte, ont bénéficié de récents prêts du FMI, ont surtout porté sur la réduction du déficit budgétaire. Or, la hausse des prix qui a accompagné ces mesures a suscité le mécontentement des populations. Sans compter leur incompréhension.

Faire des réformes sans faire pâtir les plus modestes, voilà un défi que n'ont pas encore relevé les pays d'Afrique du Nord.

«Croissance inclusive», un concept dans l'air du temps
Pour aider à trouver comment lutter contre la corruption, comment intégrer les jeunes et les femmes dans le monde du travail, les représentants du FMI débattent à Marrakech avec des décideurs politiques ainsi qu'avec des représentants du secteur privé et de la société civile. Et tentent de faire émerger «des façons de contribuer davantage à la réalisation d’une croissance inclusive».