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Le mouvement BDS fait parler de lui aux Etats-Unis

Par Pierre Magnan@GeopolisFTV | Publié le 19/05/2017 à 15H26

Manifestation BDS en Afrique Sud
La militante palestinienne Leila Khaled s'adresse à la foule à Soweto, en Afrique du Sud, le 15 février 2015. Leila Khaled est à Soweto dans le cadre de sa tournée en Afrique du Sud en tant qu'invité du mouvement de Boycott, de désinvestissement et de sanctions. © IHSAAN HAFFEJEE / ANADOLU AGENCY

Les militants défendant le mouvement «BDS», qui prône «Boycott, sanctions et désinvestissement» à l’encontre d’Israël, ont réussi à faire parler d’eux à plusieurs reprises ces dernières semaines aux Etats-Unis, pays considéré comme étant le principal soutien d’Israël dans le monde. Un activisme qui suscite débat aux Etats-Unis.


«Boycott, désinvestissement et sanctions» (BDS) est une campagne internationale appelant à exercer diverses pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël afin d'aboutir à la réalisation de trois objectifs: la fin de l'occupation et de la colonisation, l'égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens. 

Aux Etats-Unis, comme dans d'autres pays, la légitimité de ce combat non violent né en 2005 contre la situation dans les territoires occupés, qui se compare à celui de la lutte anti-apartheid contre l'Afrique du Sud, est fortement combattu par Israël et ses défenseurs. 

Dans les universités de Californie (Irvine) et de New York (City College of New York), des militants pro-palestiniens ont réussi à perturber des réunions organisées par des défenseurs de la politique israélienne.

A l’Université de Californie Irvine, des étudiants se sont opposés à des réservistes de l’armée israélienne venus «débattre» de la position israélienne et du conflit israélo-palestinien. Sous les cris d’«Israël, Israël, vous ne pouvez pas vous cacher. Nous vous accusons de génocide» et « Israël, Israël, qu'est-ce que vous dites? Combien de personnes avez-vous tuées aujourd'hui?», des militants du mouvement Etudiants pour la justice en Palestine, mais aussi de Voix juives pour la paix ont interrompu la réunion destinée notamment à combattre les campagnes en faveur du «BDS».

Interruption d'une conférence pro-israélienne par des militants pro-BDS (vidéo en anglais réalisée par d'ex-militaires israéliens de Reservists on duty).

Il s'agissait d'une réunion organisée par des réservistes de l’armée israélienne, s'inscrivant dans le cadre du Projet Gidéon. Ce projet a pour but d’enrôler d'ex-soldats de l'armée israélienne volontaires pour combattre le mouvement de boycott anti-Israël BDS sur les campus aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Il est dirigé par des réservistes de l’organisation «Front» et du «Lone Soldier Center». 

Une cinquantaine d’étudiants attendaient les ex-militaires israéliens et ont manifesté leur opposition à la politique israélienne dans les territoires occupées. Les militants israéliens étaient venus dans l’université califorinienne alors que se tenait une manifestation appelée Semaine contre l’apartheid en Israël.

Conférence interrompue à New York
Des incidents du même ordre ont eu lieu à New York. Dans le City College of New York, des étudiants ont perturbé la réunion organisée pour donner la parole au Consul général d’Israël à New York. (vidéo de l’incident en bas de cet article). 

Autre exemple, la très prestigieuse Université de Yale a vu la  remise fin avril d'un Prix Gandhi de la Paix à Omar Barghouti, fondateur et animateur du mouvement de boycott d’Israël BDS. Un prix remis par la présidente de JVP (Voix juive pour la paix), Rebecca Vilkmerson.
Remise du prix Gandhi à Omar Barghouti, fondateur du BDS, avec présentation par Rebecca Vilkmerson (JVP). En anglais.


Ces divers incidents interviennent dans un climat politique peu favorable aux défenseurs de la cause palestinienne après l’élection de Donald Trump à la présidence. C’est ainsi qu’au Texas, le gouverneur a signé un décret anti-BDS. L’Etat y interdit tout lien entre des organismes d’Etat et des entreprises qui boycottent Israël ou ses colonies. «Toute politique anti-israélienne est une politique anti-Texas. Le Texas ne va pas faire affaire avec une entreprise qui boycotte Israël», selon le gouverneur cité par Time of Israel.

Près d'une vingtaine d'Etats américains ont édicté des règles contre le BDS. Ces règles visent essentiellement les entreprises qui pourraient adhérer à ce boycott, car la liberté d'expression aux Etats-Unis (Premier amendement) rend difficile toute action contre les défenseurs de cette campagne. Au contraire de la France, où la justice est intervenue contre le mouvement BDS, entraînant une saisine de la Cour européenne des Droits de l'Homme.