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Le Niger s'ouvre aux investisseurs pour assurer son développement et sa sécurité

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 14/12/2017 à 11H51, mis à jour le 14/12/2017 à 11H51

Le président Niger a présenté à Paris son plan développement économique
Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a présenté le 13 décembre 2017 à Paris son plan stratégique de développement économique.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a présenté le 13 décembre à Paris, en marge du G5 Sahel, son «plan de développement stratégique 2017-2021». Confronté à des défis majeurs dont le terrorisme djihadiste à ses frontières, le Niger cherche des appuis publics et privés pour financer sa sécurité et ses nombreuses priorités: éducation, énergie, infrastructures, santé.


Le président du Niger a présenté le 13 décembre 2017 à Paris son plan stratégique «Renaissance du Niger» évalué à 27 milliards de dollars sur cinq ans, dont 10 milliards apportés par le gouvernement nigérien. Mahamadou Issoufou espère lever 17 milliards de dollars de fonds publics et privés (internationaux) pour accompagner son développement, doper la croissance du pays et bien sûr garantir sa sécurité. La Banque Mondiale, la Banque africaine de Développement, l’Agence française du Développement, la Banque islamique de Développement... devraient apporter une bonne partie de ce financement.

Confronté à des flots de migrants en route pour la Libye et à des attaques djihadistes croissantes, le Niger, pays fragile et stratégique, bénéficie d’un soutien bienveillant des bailleurs de fonds internationaux. Tout particulièrement de l’Union européenne qui souhaite que Niamey maîtrise les flux migratoires à destination du continent européen. Le Niger est le passage obligé de 90% des migrants en route pour l’Europe.

L'insécurité pèse sur l'économie
«La sécurité a un coût énorme sur notre budget. Elle en représente 15%», a expliqué la ministre au Plan, Aichatou Boulama Kané. «Nous avons besoin d'investissements du secteur privé dans des domaines prioritaires comme l'énergie, les routes, les aéroports et le chemin de fer que nous voulons réaliser», a expliqué la ministre. «Notre stratégie de développement va nous conduire à avoir en cinq ans une croissance soutenue de 7% en moyenne.» Une nécessité pour répondre à une croissance démographique proche de 5%.

Classé parmi les plus pauvres du monde (187e rang), le Niger a de nombreuses fragilités, mais aussi quelques atouts pour attirer les investisseurs. Des ressources minières importantes: pétrole, uranium, fer, or… L'inauguration prochaine du barrage de Kandaji sur le fleuve Niger devrait permettre de multiplier les périmètres irrigués et de favoriser l'acitivité agro-pastorale. L’exploitation des nappes souterraines dans le nord du pays est une autre source d'eau potable potentielle.

Priorité à l'éducation 
La réunion de Paris avec les investisseurs privés «est l'occasion de présenter toutes les opportunités qu'offre le Niger en matière d'investissements avec une centaine de projets porteurs», a ajouté Mme Boulama Kané: routes, trains, centrales solaires, oléoduc gazier...

Ces investissements privés ne sauraient remplacer les projets en matière de santé, d’éducation et de formation professionnelle. Une démographie toujours galopante pèse également sur la sécurité alimentaire et l'amélioration du niveau de vie des Nigériens. Une transition démographique plus harmonieuse passe notamment par une scolarisation durable des jeunes filles.