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Le Nigeria renonce à 90 représentations diplomatiques pour réduire ses dépenses

Par Véronique le Jeune (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 29/09/2017 à 17H03, mis à jour le 29/09/2017 à 17H55

Kemi Adeosun ministre nigériane Finances en 2016
Kemi Adeosun la ministre nigériane des Finances en 2016. © Akintunde Akinleye / REUTERS

Afin de conforter les recettes du pays le plus peuplé d'Afrique, à peine sorti de la récession, la ministre des Finances Kemi Adeosun a annoncé que le Nigeria allait se retirer d'une centaine de représentations diplomatiques dans le monde. L'adhésion à ces organisations revient pour le pays à un montant annuel de 70 millions de dollars (60 millions d'euros). Une somme à réduire pour la ministre.

 
«La plupart du temps», reconnaît Mme Adeosun, le Nigeria n'est pas à jour de ses cotisations et accumule les retards de paiement. Ce qui pénalise les recettes de l'Etat, déjà mises à mal par la chute des cours du pétrole, dont le Nigeria est le premier producteur en Afrique et dont il tire ses principales ressources.
 
Pour l'instant, aucune liste de ces organisations internationales n'a été produite par la ministre. Cependant, un comité ministériel qu'elle a dirigé a d'ores et déjà recommandé à Abuja de se retirer à terme de 220 organisations sur les 310 dont le pays est membre.

Le nombre définitif ne sera connu que lorsque la dette exacte du géant ouest-africain sera elle-même établie. En la matière, Mme Adeosun a confié que «du travail devait encore être fait».

Le Nigeria doit avoir «une vraie voix»
«Nous avons évalué la dette à 120 millions de dollars, mais soyons clairs: c'est bien plus que ça. Nos cotisations n'ont pas été honorées dans la plupart des grandes organisations», a-t-elle déclaré franchement.

Devant ses collègues, lors du conseil des ministres hebdomadaire, elle a indiqué que ces dettes causaient «un certain embarras» pour les délégations nigérianes à l'étranger: «Payer sa cotisation donne le droit au Nigeria d'avoir une vraie voix dans les réunions internationales».

Dès sa nomination à l'automne 2015, Mme Adeosun, ancienne experte-comptable, s'est lancée dans un programme d'économies pour réduire les dépenses de l'Etat jugées inutiles et tenter de relancer la croissance.
 
Le président Buhari tiendra-t-il jusqu'en 2019?
Le pays, même s'il est récemment sorti de la récession, est toujours en équilibre instable. Le président de la Banque nationale a indiqué cette semaine que la reprise restait «très fragile».
 
Quoi qu'il en soit, la détermination de la ministre des Finances tranche avec l'incertitude qui règne autour de la santé du président Muhammadu Buhari qui, à deux reprises en 2017, s'est rendu à Londres pour des soins.

Les Nigérians s'inquiètent de sa capacité à diriger un pays dont l'étoile économique pâlit et dont le territoire est miné par la violence: l'insurrection des djihadistes de Boko Haram, les crimes et enlèvements quotidiens, les heurts entre fermiers et bergers nomades...

La prochaine élection présidentielle au Nigeria devrait avoir lieu début 2019.