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Le nouveau président de Sierra Leone veut mettre l'administration au pas

Par Véronique le Jeune (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 10/04/2018 à 17H32, mis à jour le 10/04/2018 à 17H32

Julius Maada Bio nouveau président Sierra Leone G son vice-président
Julius Maada Bio, le nouveau président de Sierra Leone (G), et son vice-président Mohamed Juldeh Jalloh, lors d'un meeting post-victoire dans la capitale Freetown. © Saidu BAH / AFP

Félicité par son rival malheureux, qui a renoncé à contester les résultats de l'élection, le président Maada Bio a réuni des milliers de partisans le 7 avril 2018, à qui il a promis «une nouvelle ère», empreinte de «discipline» et de rigueur. Un message spécialement destiné à l'administration, où les fonctionnaires sont priés d'être à leur poste dès le début de matinée. Des propos très applaudis.


Sur une tribune dressée au centre du terrain de football du Stade national de Freetown, l'ancien général âgé de 53 ans, a préféré le dire deux fois plutôt qu'une: «La loi est au-dessus de tout.» Pas question pour lui que son pays de 7.500.000 habitants, l'un des plus pauvres du monde, situé en Afrique de l'Ouest, continue d'être gangrené par la corruption.

Il faut une rupture. Elle commence avec le ton et le discours. 

M. Bio prévient que la situation va changer
«Attention à ceux qui ne seront pas au travail à l'heure», a-t-il martelé. Voilà tout le monde prévenu.

Vêtu de blanc comme à son habitude, coiffé d'une casquette blanche et verte, les couleurs de son parti, et accompagné de son épouse Fatima, l'ex-leader de l'opposition a affirmé «avoir déjà commencé à travailler» mais «avoir besoin de paix et de tranquillité».

«Il est temps d'aller de l'avant»
M. Bio qui se présente comme «le président de tous», a de grandes ambitions pour la Sierra Leone. «Nous voulons la paix, l'harmonie, la stabilité» afin de mettre en œuvre «le progrès économique et social».

Pour ce faire, le nouvel élu a invité les autres formations politiques à s'inscrire dans la dynamique de construction du pays. «Il est temps d'aller de l'avant», martèle-t-il.

La colère éclate dans camp équipe sortante battue.

Le 4 avril 2018, sous les affiches de leur candidat Samura Kamara, les membres de l'All People's Congress (APC) contestent le résultat de l'élection présidentielle. Des violences qui se sont ensuite retournées contre eux. © Saidu BAH / AFP


L'union des forces 
Première initiative dans ce sens? Quelques jours après l'annonce des résultats, Julius Maada Bio a rencontré le candidat battu au second tour, Samura Kamara, ancien ministre des Finances et des Affaires étrangères, héritier du chef de l'Etat sortant Ernest Bai Koroma.

«Je vous souhaite bonne chance au moment où vous prenez les rênes de ce pays petit, mais assez compliqué», a déclaré M.Kamara, avant d'ajouter: «Mon parti, l'APC, entend apporter le soutien nécessaire à votre gouvernement».

Répondre aux violences post-électorales
Ce faisant, M.Kamara a également exhorté le nouveau pouvoir à faire cesser les violences contre ses partisans à travers le pays depuis l'annonce de la victoire de Julius Maada Bio. 
 
Selon un communiqué de la présidence, MM.Bio et Kamara sont convenus de mettre en place un «comité multi-partis» pour répondre, en coopération avec la police et la justice, aux violences qui se sont produites à travers le pays ces derniers jours.