Eclairage

"Agir, Réagir, Accomplir": Le Parlement Européen en campagne

Par Françoise Schöller@GeopolisAfrique | Publié le 20/02/2014 à 15H54, mis à jour le 20/02/2014 à 15H54

European Union-EP 2013

A trois mois du scrutin, sondages et propos alarmistes foisonnent : Avis de tempête eurosceptique, abstention massive… Le Parlement Européen, lui se garde d’afficher inquiétude et pessimisme. Il insiste sur l’occasion unique pour le citoyen d’avoir son mot à dire. Mais le clip de campagne un peu tristounet est-il vraiment incitatif ? Sa diffusion reste d’ailleurs confidentielle.

Curieusement, l’eurodéputée, Anni Podimata (Grèce), et qui plus est, ancienne journaliste et Vice-Présidente du Parlement Européen en charge de la communication, n’a pas voulu répondre à nos questions.
Jaume Duch, Directeur des media et porte-parole du Parlement Européen, lui ne s’est pas défilé.

Le porte-parole Parlement Européen
Directeur des medias du Parlement Européen © European Union- EP 2013

 
Trois bonnes raisons d'aller voter?
 
Tout d’abord, et pour la première fois, le résultat des élections européennes va avoir un impact direct sur le choix du chef de l’exécutif européen : le Parlement européen nouvellement élu va en effet devoir élire le Président de la Commission européenne. Cela va vers plus de transparence et de contrôle démocratique dans l’Union européenne. Les citoyens choisiront l’Europe qu’ils souhaitent pour les cinq prochaines années.
 
La seconde raison d’aller voter, c’est que le Parlement européen a plus de pouvoir que jamais. Il décide, avec les Etats membres, de la quasi-totalité des lois européennes : agriculture, santé publique, politiques énergétiques, budget de l’UE… Cela n’était pas le cas par le passé, ce qui a parfois donné l’impression que les élections européennes étaient de second ordre.
 
Enfin, l’Europe est plongée dans une grave crise économique, dont les conséquences se font sentir de manière très concrète. Les élections européennes sont l’occasion pour les citoyens de faire entendre leur voix et leurs choix quant à la façon dont ils souhaitent que cette crise soit traitée et combattue. En plus d’un signal symbolique fort, le résultat des élections déterminera les politiques qui seront menées jusqu’en 2019.
 
Sont-elles les mêmes dans tous les pays de l'UE?
 
Bien sûr, chaque pays connaît un contexte politique et socio-économique différent. Les motivations des électeurs ne sont pas monolithiques. Néanmoins, les élections européennes ne peuvent être réduites à des facteurs nationaux : certaines problématiques transcendent les clivages nationaux. En ce sens, les trois raisons que je viens de citer concernent les 400 millions d’électeurs de l’Union européenne.
 
 
"Agir réagir, accomplir". Etes-vous sûr de l'efficacité de ce slogan?
 
« Agir. Réagir. Accomplir »http://youtu.be/ziBDpiKXGVw est le logo qui a accompagné le lancement de la campagne institutionnelle du Parlement européen en septembre 2013. Il s’agit de mettre en avant le pouvoir qu’ont les citoyens de modeler leur avenir collectif par le biais du Parlement européen. En amont d’une élection, il est crucial de faire ce travail de pédagogie et d’information.
 
La campagne avançant, et afin de rester au plus près des dynamiques politiques à l’œuvre, le logo « Agir. Réagir. Accomplir » va peu-à-peu céder la place à des messages plus directs par rapport aux élections européennes : « Exercez votre pouvoir » et « Choisissez qui dirigera l’Europe ». Tout cela s’inscrit dans une stratégie progressive et cohérente.
 
- Principal sujet d'inquiétude aujourd'hui?
 
La campagne pour les élections est en train de se mettre en place et il est trop tôt pour en avoir une lecture définitive ou alarmiste. On entend parfois des inquiétudes sur le taux de participation ou une éventuelle montée des extrêmes : c’est une lecture habituelle des scrutins européens mais elle est bien trop réductrice et ne tient pas compte des chiffres et équilibres au sein de l’hémicycle strasbourgeois. La lecture doit être plus fine : quelles orientations seront décidées par les électeurs ? Quelles seront les majorités qui se dégageront ? Quelles politiques pourront être menées ?
 
Confiant ou pessimiste?  Pensez-vous que l'Europe retrouvera la confiance des citoyens d'ici le mois de mai?
 
Je suis confiant. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un optimisme béat, mais un certain nombre de facteurs montrent que nous sommes sur la bonne voie. Pour la première fois, nous voyons émerger une vraie campagne politique au niveau européen. La plupart des principaux partis politiques européens a désigné des candidats pour la Présidence de la Commission européennes. C’est des alternatives qu’ils proposeront aux électeurs que dépendra l’issue du scrutin. La confiance des citoyens ne peut être gagnée qu’en les mettant face à de vrais choix, en leur redonnant le pouvoir de décision. L’Union européenne est une construction politique avant tout : en avoir conscience, c’est déjà faire la moitié du chemin.