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Etats-Unis,  Amérique

Le programme de Donald Trump? Défaire celui d’Obama!

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 19/05/2017 à 13H05

Donald Trump en Floride 27 juillet 2016
Donald Trump à Miami (Floride) le 27 juillet 2016. © REUTERS - Carlo Allegri

Donald Trump vient de supprimer un programme visant à équilibrer l’alimentation des jeunes Américains dans les écoles. Début mars, il abrogeait en catimini un texte qui interdisait aux personnes atteintes d’une pathologie mentale d’acheter des armes. Trump déréglemente à tout-va et détricote jour après jour les mesures prises par son prédécesseur...


Trump, adepte d’un libéralisme débridé, déréglemente en toute discrétion. Il s’est engagé «à supprimer les bureaucrates et les mesures qui tuent l’emploi». Pour cela, il utilise le Congressional Review act, un dispositif législatif adopté en 1996 mais rarement utilisé, qui permet d’abroger en express des mesures votées par les administrations précédentes.
 
Fini donc le programme de Michelle Obama qui visait à mettre en place des menus équilibrés dans les cantines scolaires: moins de sel, de graisses, de sucre, plus de fruits et de céréales. Un programme justifié, selon l’ancienne première dame, par des chiffres record aux Etats-Unis, où 17% des enfants souffrent d’obésité.

Michelle Obama réagit à la décision de Donald Trump sur les cantines scolaires. Vidéo mise en ligne sur Youtube le 12 mai 2017.

 
Lobby des armes
L’industrie agro-alimentaire a obtenu satisfaction de même que le lobby des armes. Le Sénat américain a voté en mars 2017 la révocation d’une loi empêchant certains handicapés mentaux d’acquérir des armes à feu.

Les armuriers devaient impérativement consulter un fichier des handicapés mentaux avant de vendre une arme. La loi poussée par Barack Obama faisait suite à la tuerie de Newton dans le Connecticut, le 14 décembre 2012. Adam Lanza, qui présentait des troubles mentaux, avait tué sa mère chez lui avant d'abattre 27 autres personnes et de se donner la mort.

Secteurs de l’énergie et de l’environnement
Il n’y a pas si longtemps, les industries pétrolières et gazières devaient déclarer leurs fuites de méthane aux autorités locales. Ce ne sera plus le cas.
  
La Maison Blanche a fait sauter une loi interdisant aux entreprises charbonnières de déverser leur résidus de charbon dans les cours d’eau.

Le travail de sape ne fait que commencer. Les entreprises sont priées par l’Agence de Protection de l’environnement, ironie des temps, de lister les réglementations qui entravent leur business.

La Maison Blanche souhaite également revoir les réductions d’émissions de carbone demandées à l’industrie automobile. Elle a surtout promis d’abroger le Clean power plan qui impose aux entreprises charbonnières de réduire leurs émissions de carbone.

Et le changement climatique? 
L’accord de Paris sur le climat reste de fait suspendu à la décision du président américain. Il avait promis durant sa campagne qu’il retirerait son pays de cet accord international présenté par lui comme un «canular fomenté par les Chinois». Il s’apprête également à rétablir le droit des compagnies pétrolières de forer de nouveaux puits offshore en Arctique, ainsi que dans les canyons sous-marins de l’océan Atlantique.
  
Autre exemple de texte supprimé en toute discrétion, celui qui prohibait la commercialisation d’un insecticide produit par Dow Chemical, soupçonné d’endommager le cerveau et le système nerveux des fœtus. Pour l'administration Trump, le marché doit être dérégulé à tout prix afin de libérer les entreprises...

Et aussi...
Autre «nouveauté», les opérateurs télécoms ne pouvaient vendre les données personnelles de leurs clients. Ce ne sera plus le cas .Quant aux patrons qui sous-payaient leurs salariés, ils étaient, sous Obama, privés de marchés publics. Et bien c'est fini.

Toutes ces contraintes ont été levées au nom du principe de liberté chère aux américains.

Même pour l’école, le président a supprimé nombre des règles édictées par son prédécesseur. L’une d’elle obligeait les établissements scolaires à évaluer leur élèves, afin d’assurer une qualité d’enseignement sur l’ensemble du territoire américain. Rien de tel avec Trump: l’Etat fédéral n’a désormais plus aucun droit de regard sur les établissements scolaires.