Le rêve afghan ou le nouveau visage de Kaboul par Sandra Calligaro

Par Laurent Filippi | Publié le 03/03/2016 à 10H51

En février 2016 est sorti le livre «Afghan Dream» (Editions Pendant ce temps) consacré à l’émergence d’une nouvelle classe moyenne urbaine et occidentalisée. Les textes sont écrits par Gilles Dorronsoro.

Les photos de Sandra Calligaro consacrées à l’Afghanistan ont été exposées dans de nombreuses lieux ces dernières années: au Cent quatre, à la Bibliothèque Nationale de France, à la Maison Européenne de la Photographie, à l’Institut des Cultures d’Islam et bien sûr à Kaboul.
 
Sandra Calligaro montre l’évolution de la société de consommation afghane, après treize ans de présence militaire occidentale. Son souhait est de laisser un témoignage éloigné des images que les médias véhiculent traditionnellement sur ce pays: guerre civile, talibans, camps de réfugiés… Montrer les Afghans et plus particulièrement les Kabouliens dans leur quotidien. 
 
«Loin du sensationnel du conflit, c’est la fragilité du quotidien de ce pays tourmenté qui n’a cessé de me fasciner. Souvent, presque par pudeur, par respect peut-être également, j’ai cherché à mettre en exergue le malaise ambiant, la détresse latente, à travers le spectre de situations ordinaires, de moments d’entre-deux où la tension est tangible, les émotions à peine perceptibles et le conflit peu visible – de manière directe en tous cas», explique la photographe française.
 
Arrivée à Kaboul en 2007, Sandra Calligaro est une photographe indépendante, représentée par l’agence Picture-tank. Elle a suivi l’évolution de la société afghane pendant huit ans, les photos d’Afghan Dream ont été réalisées entre 2011 et 2014. Aujourd’hui, elle alterne reportages et documentaires pour la presse, commandes multimédia pour le compte d’ONG et diverses institutions artistiques. Comme elle le dit au Monde de la photo, «ce n’est qu’un chapitre qui se ferme, je réfléchis déjà à la suite d’Afghan Dream».

  • Sparghai sa famille passent vendredi après-midi à Qargha
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    Sparghai et sa famille passent un vendredi après-midi à Qargha,

    une base de loisir construite dans les années 1960, située à quelques kilomètres au sud de Kaboul. Sparghai a 21 ans, elle vient d’obtenir son master en sciences humaines à l’université de Kaboul. Elle est également traductrice pour les medias occidentaux depuis quelques années.  © Sandra Calligaro

  • Pause déjeuner dans couloirs Dunya Institute école privée réputée
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    Pause déjeuner dans les couloirs de Dunya Institute, une école privée réputée

    A la différence de l’Université américaine ou de l’International School of Kabul - dans lesquels l’enseignement est exclusivement dispensé en anglais - les valeurs et traditions afghanes sont respectées à Dunya : port du voile et de l’uniforme obligatoire, séparation des classes filles/garcons, matières principales en dari, enseignement du pashto (les deux langues officielles parlées dans le pays).  © Sandra Calligaro

  • Basir a rendez-vous galant dans café.
    03 /09
    Basir a un rendez-vous galant dans un café.

    Sa petite-amie est en fait sa cousine. A Kaboul, la plupart des flirts se font entre cousins éloignés ou entre collègues. Se voir dans le cadre familial ou sur son lieu de travail évite de se faire démasquer.  © Sandra Calligaro

  • Le Blue Flame nouvelle piscine avec spa Kaboul
    04 /09
    Le Blue Flame, nouvelle piscine avec spa de Kaboul

    réservée aux classes moyennes et supérieures : l’accès au spa coûte l’équivalent de 15 dollars, quand le salaire moyen en Afghanistan reste de 100 dollars par mois. En 2013, trois autres picines-spa ont ouvert à Kaboul, la dernière en date a même un toboggan. © Sandra Calligaro

  • Sadaf pianote sur son téléphone
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    Sadaf pianote sur son téléphone

    dans la salle d’attente du directeur de MTN Afghanistan, un opérateur de téléphonie mobile sud-africain, installé dans le pays depuis 2006 : «Internet et le tchat en ligne, c’est tout ce qu’on a ici... On ne peut pas vraiment sortir. Alors comment se distraire le soir? La réponse est simple : en tchatant!» © Sandra Calligaro

  • En 2006
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    En 2006,

    ouvrait le premier Finest à Wazir Akbar Khan, quartier historiquement chic de Kaboul, fief des ambassades et organisations internationales. Aujourd’hui, cinq Finest sont répartis dans la ville.   © Sandra Calligaro

  • Les mariés traversent salle réception vide.
    07 /09
    Les mariés traversent la salle de réception, vide.

    Le protocole à respecter pour la cérémonie peut être très long et les convives s’en vont parfois juste après le dîner servi et aussi vite englouti, sans nécessairement attendre de faire la traditionnelle haie d’honneur au couple. Un mariage coûte rarement moins de 10.000 dollars à Kaboul.  © Sandra Calligaro

  • La salle jeu pour enfants
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    La salle de jeu pour enfants

    du Kabul Fried Chicken, version kaboulienne du KFC.  © Sandra Calligaro

  • Le restaurant Strikers
    09 /09
    Le restaurant du Strikers,

    premier bowling de Kaboul.  © Sandra Calligaro