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Le sable fin « sahraoui» des plages des Canaries : Podemos exige une enquête

Par Mohamed Berkani@GeopolisAfrique | Publié le 03/08/2017 à 13H58

Gran Canaria
© THIERRY GRUN / AFP

Le projet de doter la plage de Tauro de Gran Canaria de 300 mètres carrés de 70. 000 tonnes de sable fin tourne à l’incident international. Le sable proviendrait du Sahara occidental, ce qui est illégal pour Podemos qui a saisi le gouvernent espagnol.

La machine diplomatique s’emballe. Le sable du Sahara occidental devient une affaire internationale. Le Maroc exporterait environ 3 millions de dollars par an de sable, dont 70% vers l’Espagne. Tout est parti d’une enquête du quotidien britannique The Guardian (lien en anglais), «les troubles au paradis». La plage Tauro de la station de Gran Canaria aux Iles canaries veut couvrir ses galets avec du sable fin. Une opération qui nécessite l’importation de 70.000 tonnes de sable. Opération illégale pour le parti Podemos, qui a saisi le gouvernement espagnol car le sable proviendrait du Sahara occidental. Selon la décision de la Cour de justice de l'Union européenne (UE) du 21 décembre 2016,  «les accords d’association et de libéralisation conclus entre l’UE et le Maroc ne sont pas applicables au Sahara occidental»

«Pour l'instant, nous ne savons pas qui vend ces tonnes de sables aux entreprises espagnoles. Nous avons posé une question écrite au gouvernement espagnol, afin de savoir qui les importe, alors que nous sommes certains que ce n'est pas le peuple sahraoui», explique Iñaki Bernal, sénateur à l'origine de la requête et membre du parti Izquierda Unida, membre de la coalition Unidos Podemos, à Tel Quel.


Si la polémique est passée relativement inaperçue en Espagne (lien en espagnol), la presse marocaine, elle, se déchaîne sur le parti de gauche Podemos. «La question de ce sénateur ne constitue pas une surprise. Elle s’inscrit dans le cadre d’une politique ouvertement anti-Maroc que mènent les camarades de Pablo Iglesias», s’indigne Yabiladi.

Le sable du Sahara occidental a été utilisé dans plusieurs plages espagnoles par le passé, rappelle Guardian. Environ 270 000 tonnes ont été introduites pour la construction de la plage de Las Teresitas à Tenerife dans les années 1970, à un moment où le territoire était encore une colonie espagnole.


En mai 2017, des représentants d’Unidos-Podemos avaient manifesté au port de Mallorca contre l’arrivée d’un bateau en provenance de Laayoune avec à son bord plus de 35.000 tonnes de sables à destination de Majorque.