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Le Sahel cherche une réponse militaire coordonnée face au djihadisme

Par Michel Lachkar@GeopolisAfrique | Publié le 20/04/2018 à 09H42, mis à jour le 20/04/2018 à 09H42

Exercice militaire maroco-américain «African Lion 2018» à Agadir avril 2018
L’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2018» s'est élargi à d'autres pays africains et européens.
© Le Matin.ma

Des chars américains manœuvrent dans le sud du Maroc où une dizaine de pays africains et européens participent à l’opération «African Lion». Au même moment, les forces américaines renforcent au Niger les capacités des armées sahéliennes. Parallèlement, un sommet réunit au Nigeria la hiérarchie militaire d’une trentaine de pays pour renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme.


Des grandes manœuvres se déroulent actuellement en Afrique de l'Ouest et dans le Sahel pour aider les armées africaines à mieux combattre les menaces terroristes.
1300 militaires venus de Mauritanie,Tunisie Mali, Sénégal, France, Espagne, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada participent depuis le 16 avril 2018 à ces manœuvres, sous parapluie américain (plus de 900 Marines), dans la région d’Agadir au Maroc.

«African Lion» à Agadir
L’opération «African Lion» vise chaque année à renforcer «la compréhension mutuelle des tactiques, des techniques et des procédures des armées de chaque pays et leur l’interopérabilité», affirme un communiqué des forces armées marocaines.

L’exercice militaire 2018 se déroulera jusqu'au 28 avril. En plus d’entraînements terrestres, l’«Africain Lion» comprend des exercices aéroportés avec la participation, entre autres, de la frégate Mohammed VI et du porte-avions USS Harry Truman de la marine américaine, ainsi que des avions de chasse des deux pays.

Flintlock à Agadès 
Le programme international Flintlock mené dans le nord du Niger par les Etats-Unis vise également à renforcer les capacités militaires des armées sahéliennes dans leur lutte contre les groupes djihadistes.

Huit pays africains, dont les membres du G5-Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad), et 12 pays occidentaux ont répondu à l’appel. En 2017, seuls trois pays sahéliens ont participé à ces exercices.
 
«Sommet des forces africaines» à Abuja
Au même moment, un sommet des forces terrestres africaines s’est ouvert à Abuja, la capitale nigériane. Ce rassemblement de la haute hiérarchie militaire d’une trentaine de pays africains vise à mieux coordonner les états-majors dans la lutte contre le terrorisme sur le continent.

Trois pays européens et le Brésil participent également à ce sommet.

Le ministre nigérian de la Défense, Abayomi Olonisakin, a exhorté ses collègues africains à une approche commune pour faire face aux menaces sécuritaires sur le continent. «Le terrorisme, la traite des êtres humains, la prolifération des armes, ainsi que la piraterie, continuent de poser des problèmes de sécurité à nos pays», a-t-il déclaré.

Des représentants des armées angolaise, camerounaise, égyptienne, kenyane et rwandaise participent notamment à ce sommet, où les menaces djihadistes contre le continent seront particulièrement évoquées, depuis les shebabs à l'Est jusqu'à Boko Haram à l'Ouest, en passant par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Mali et au Niger.

Les Etats-Unis avaient intensifié leur présence militaire dans plusieurs pays d'Afrique pendant les mandats du président Barack Obama. Un «fardeau» que son successeur, Donald Trump entend partager avec ses «partenaires européens».