Vidéo

Environnement,  Sénégal,  Mauritanie,  Afrique

Le typha, cette plante nuisible qui peut rapporter gros

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 13/11/2017 à 09H17, mis à jour le 14/11/2017 à 10H42

Ramassage typha
© GRET

Faire d’une plante nuisible et envahissante une ressource économique, c’est le pari gagné de GRET, une ONG qui travaille entre Mauritanie et Sénégal. Ils ont trouvé le process pour faire du charbon de bois à partir du typha, une variété de roseau connu également sous le nom de massette, qui envahit le fleuve Sénégal.


Les massettes ont proliféré le long du fleuve Sénégal semble-t-il depuis la construction en 1986 du barrage de Diama, 26 km en amont de Saint Louis. Appelé barrage anti-sel, il empêche la remonté de l’eau de mer dans le fleuve. Celle-ci, en période d’étiage, pouvait remonter jusqu’à 200 km dans les terres. De plus, en période sèche, le débit du fleuve était quasi nul, ce qui perturbait l’irrigation. Désormais, le lac de barrage ainsi créé permet l’irrigation de 120.000 hectares, et fourni l’eau potable à Dakar et Nouakchott.

Mais, car il y a un mais… la réduction progressive de la salinité des berges et une réserve d’eau conséquente ont entraîné une mutation de l’environnement. Aujourd’hui, 100.000 hectares sont infestés par la végétation aquatique. Les conséquences sont multiples et paradoxalement impactent l’agriculture tout comme le milieu sauvage.

Voilà pour le contexte. La réponse humaine repose dans un vaste programme, notamment de lutte contre les plantes envahissantes. Outre l’arrachage des typhas, l’action a été menée pour valoriser ces végétaux. Ainsi grâce aux recheches d’un technicien mauritanien, Babana Mohamed Lemine, et de l’ONG GRET, l’envahissante massette est devenue charbon. 1700 m² de typha suffisent pour produire une tonne de charbon de bois.


L’opération s’avère intéressante à plus d’un titre. Elle génère ainsi une activité économique qui va de la fabrication du charbon à sa revente. Ce charbon est une énergie qui va profiter aux villages reculés. Désormais, l’opération menée en Mauritanie de 2011 à 2016 est conduite au Sénégal. Ici, l’utilisation du bois et du charbon de bois provoque la coupe de 2,5 millions d’arbres chaque année. Selon le GRET, les ménages consomment à eux seuls 350.000 tonnes de charbon de bois annuellement.

Selon le GRET, 200 personnes bénéficient de cette activité: coupeurs ou briqueteurs. 5000 personnes utilisent le charbon notamment pour la cuisson. Alors l’opération charbon de typha est aussi une reconquête environnementale. Elle va contribuer à réduire la pression sur la ressource forestière.