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Le vol de cuivre menace l'économie des pays d'Afrique

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 31/10/2017 à 09H21

Câbles souterrains à Johannesburg
© André Tadeu/AFP

Le vol de fils de cuivre est un fléau partout dans le monde. Pour les pays pauvres ou en voie de développement, cela ressemble au tonneau des Danaïdes. Il faut sans cesse dépenser de l’argent pour remettre les équipements en ordre de marche. Un double préjudice qui à la fois ralentit le développement des pays, et bloque temporairement l’activité économique.


Dans les pays occidentaux, le vol de cuivre est apparu dans les années 2000. La gourmande économie  chinoise a fait chauffer les cours, et à rendu le métal rouge plus rentable que l’or. Car le cuivre volé est autrement plus facile à écouler que l’or. On peut revendre le cuivre par camions entiers, ce qu’on ne fera jamais avec le métal précieux.

Les vols se sont multipliés, et sont devenus une plaie pour les organismes de transport ou les fournisseurs d’électricité. En 2010, la SNCF enregistrait 50 vols par jour sur son réseau. Le préjudice est notable, estimé à 30 millions d’euros en 2010 pour la société d’Etat française.

Mais le phénomène a franchi la Méditerranée, et sur le continent africain, le vol de cuivre est encore plus pénalisant, annihilant les efforts de mise à niveau des télécommunications, des transports ou de la distribution électrique. Ainsi au Maroc en 2017, un gang s’en est pris aux réseaux télécoms de Casablanca. Se faisant passer pour des employés chargés de la maintenance, ses membres sectionnaient les câbles afin de les revendre.
 
Sur le site de RFI, un blogueur évoque la situation à Lubumbashi, la seconde ville de la République démocratique du Congo. «Il est devenu courant dans les banlieues de dormir dans un quartier éclairé et de s'y réveiller le lendemain dans un noir total, parce qu'un malin s'est emparé des câbles électriques. Bizarrement, les voleurs ne sont pas assez inquiétés. Et pire encore, la plupart des quartiers qui ont vu leurs câbles saucissonnés attendent encore et encore le rétablissement du courant électrique.»

Reportage AFP TV mis en ligne le 20 octobre 2017.

Comme on peut le voir dans le reportage vidéo, l’Afrique du Sud est gravement confrontée à ce problème. Ainsi à Johannesburg, en une seule nuit, 32 km de câbles ont été endommagés. Le préjudice direct s’élève à 45 millions de rands (2,8 millions d’euros). Il faut y ajouter le préjudice subi par la population et l’impact sur l’économie. Il a fallu plusieurs jours pour rétablir le service. Car les malfaiteurs mettent le feu pour provoquer un court-circuit. Ensuite, ils peuvent «saucissonner» les câbles.
 
La parade
A terme, nous dit l’AFP, la municipalité de Johannesburg envisage de remplacer le réseau de fils de cuivre par des fils en aluminium, moins recherchés. Les tunnels où courent les différents réseaux sont progressivement sécurisés. Les 77 bouches d’accès sont verrouillées et des caméras de surveillance sont installées. 350.000 euros de frais, ce n’est pas rien ! Mais sans commune mesure avec le préjudice estimé entre 460 et 730 millions d’euros chaque année.