L’économie du tourisme pâtira-t-elle des attentats au Kenya ?

Par Laurent Filippi | Publié le 26/09/2013 à 13H30, mis à jour le 02/01/2014 à 10H57

Un attentat terroriste perpétré dans un centre commercial ensanglante Nairobi, au Kenya, le 21 septembre 2013. Le bilan est lourd : plus de 65 morts, des Kenyans mais aussi des étrangers. Le 2 janvier 2014, nouvelle attaque à la grenade a eu lieu contre un restaurant touristique au sud de Mombassa, faisant cette fois-ci une dizaine de blessés...


Depuis l'intervention de forces kenyanes en Somalie en octobre 2011 contre les shebab liés à al-Qaïda, le Kenya a été frappé par une série d'attaques.

Cela risque-t-il de freiner le tourisme au Kenya et de faire chuter son économie ? Le gouvernement vise en tout cas une hausse de 5,5% de son PIB en 2013 et une croissance à deux chiffres en 2018.
 
Onze photos apportent un éclairage sur le tourisme au Kenya. Ce diaporama a été publié le 26 septembre 2013, après l'attentat contre le centre commercial Westgate. 

  • ​Le gouvernement se veut

    ​Le gouvernement se veut

    rassurant auprès des nombreux étrangers et met tout en place pour renforcer ses dispositifs de sécurité.
     
    «Tous les membres de l'industrie touristique kenyane partagent la profonde tristesse des familles endeuillées dans cette attaque de Westgate, qu'ils soient kényans ou étrangers. Cet acte ignoble, d'une grande lâcheté, a pour but d'instaurer un climat de peur au sein de la population kényane et auprès de nos visiteurs étrangers : le Gouvernement kényan ne cèdera pas dans cette lutte contre le terrorisme » a déclaré le président Uhuru Kenyatta.

    © AFP PHOTO/AFPTV/NICHOLE SOBECKI

  • ​Le tourisme est second

    ​Le tourisme est le second

    pilier de l'économie kényane, après l'agriculture. Il représente 14% du PIB et12% de l'emploi total du pays, selon le World Travel & Tourism Council.
     
    Pour la période 2012/2013, le secteur a rapporté 1,12 milliard de dollars, ce qui représente une baisse de 7,4% par rapport à la période 2011/1/2012 (1,18 milliard).
     
    La baisse a été notable au niveau du nombre de touristes arrivant aux aéroports de Jomo Kenyatta International Airport et Moi International Airport. 1,24 millions (2012/2013) de voyageurs contre 1,27 million en 2011/2012, soit une chute de 8,8%.
     
    Pour contrer ce phénomène, le directeur général de l'Office de tourisme, Xinhua M.Ndegwa, veut mettre en place un plan de reprise du marché. Il demande au Trésor national un financement à hauteur de 5,84 millions de dollars. Et espère que les revenus liés à ce secteur atteindront 1,19 milliards de dollars pour une hausse de 10% de la fréquentation touristique sur 2013-2014.

    © AFP PHOTO/ SIMON MAINA

  • Une baisse notoire du

    Une baisse notoire du

    tourisme s’était déjà fait sentir début 2013 à l’approche des élections présidentielles de mars.  Malgré leur bon déroulement, celles-ci faisaient craindre un retour de la violence comme ce fut le cas lors du scrutin de 2007.
     
    La croissance du Kenya avait beaucoup souffert des émeutes politico-ethniques qui avaient suivi les résultats contestés, et fait plus d’un millier de morts.

    © AFP PHOTO/Boniface MWANGI

  • En 2011 sécheresse

    En 2011, la sécheresse

    dévastatrice qu’avait subie la Corne de l'Afrique et l’enlèvement de touristes espagnols dans l'archipel de Lamu avaient freiné l’engouement des étrangers.

    © REUTERS/Thomas Mukoya

  • Si Kenya compte plus de

    Si le Kenya compte plus de

    2000  hôtels, principalement à Nairobi, sur la côte ou dans les réserves, dont près de 200 sont classés selon les normes internationales, il doit encore faire face à de nombreux défis. L’offre de lits reste bien en-deçà de la demande en pleine saison. De plus, leurs qualités d’hébergement et leurs positions sur le territoire restent très disparates.
     
    Le manque de moyen pour améliorer les infrastructures comme les routes, la collecte des ordures ou encore le parc électrique reste un vrai problème.
     
    Les banques d’investissements Suntra et Dyer & Blair incitent le gouvernement à lever des fonds sur le marché des capitaux pour promouvoir le tourisme.

    © AFP/HEMIS/BORGESE MAURIZIO

  • Le 7 août 2013 au début de

    Le 7 août 2013, au début de

    la haute saison touristique au Kenya, un incendie avait en partie détruit la zone des vols internationaux de l'aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi. 16.000 passagers y transitent chaque jour.
     
    «Il s’agit d’une crise majeure», avait déploré Michael Kamau, le ministre des Transports.
     
    Cet incident avait remis en avant la demande d’augmentation de liaisons aériennes directes vers les pays européens. Selon l’Office de tourisme, ce problème doit être une priorité pour le gouvernement, pour accroître le nombre de passagers. Les Européens sont les principaux clients avec 53% de touristes (les Britanniques arrivent en tête avec 200.000 voyageurs). Suivent les Africains avec 20% de visiteurs, les Américains, 11%, et les Asiatiques, 10%.

    © AFP PHOTO / Tony KARUMBA

  • Mais ce sont principalement

    Mais ce sont principalement

    les actes terroristes qui pourraient être le principal frein au développement du tourisme dans le pays. Et ce, même si le phénomène ne touche principalement que les grandes villes touristiques comme Nairobi, Mombassa, la ville portuaire du sud-est, ou encore Lamu. Plusieurs attaques à la grenade y ont eu lieu en 2012.
     
    La région la plus dangereuse reste toutefois la frontière avec la Somalie, où plusieurs enlèvements et assassinats d’Occidentaux ont eu lieu. Depuis 2011, les combats entre l’armée kényane et les shebabs de Somalie ont amené une recrudescence d’actes terroristes.
     
    L’enlèvement en septembre 2011 par des insurgés islamistes somaliens de Marie Dedieu, Française installée au Kenya depuis 1990, et sa mort, avait ému le monde entier. 

    © AFP

  • ​Malgré tout tour-

    ​Malgré tout, les tour-

    opérateurs restent confiants.
     
    «Les safaris qui se déroulent loin de Nairobi et dans des zones fréquentables sans difficultés, représentent l'essentiel de notre production», assure-t-on chez Nouvelles Frontières.
     
    Il est vrai que le Kenya compte 19 parcs nationaux (Aberdare National Park, Amboseli National Park, Lake Nakuru National Park, Masaï Mara National Park, Mount Kenya National Park, Nairobi National Park, Tsavo East National Park…).
     
    La beauté de ces lieux sauvages, à la faune et à la flore variées, sont considérés comme sûrs. Leurs visites restent l’activité la plus recherchée par les touristes. 

    © AFP/HEMIS/DENIS-HUOT

  • ​Aujourd’hui tourisme est

    ​Aujourd’hui, le tourisme est

    dopé par les visiteurs des pays émergents comme l'Inde et surtout la Chine. Le nombre de Chinois a triplé entre 2005 et 2011. Les jeunes couples aiment passer leur lune de miel au Kenya.
     
    Des négociations sont en cours pour établir des liaisons aériennes plus directes entre les deux pays. La Chine a par ailleurs investi énormément dans l'industrie de l'hôtellerie.
     
    L'actrice Li Bingbing, première Chinoise nommée Ambassadrice de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour l'environnement, s’est rendue en 2013 au Kenya pour lutter et mettre en évidence les problèmes liés au braconnage des éléphants et des rhinocéros.
     
    Au début de l’année, onze éléphants avaient été massacrée le même jour soulevant l’indignation de la communauté internationale.

    © AFP PHOTO/Georgina Goodwin

  • Une bonne nouvelle est

    Une bonne nouvelle est

    survenue fin août 2013. Les dirigeants des pays de la Communauté est-africaine ont annoncé la création d’un visa touristique unique pour stimuler l’industrie du secteur, et faciliter la circulation des personnes.
     
    Ce visa doit être l’une des principales priorités pour le bloc commercial en 2013 aux côtés de l’élimination des barrières non-tarifaires dans les secteurs aérien et du tourisme, selon son secrétaire général, le Dr Richard Sezibera.

    © REUTERS/Noor Khamis

  • L’écotourisme est un

    L’écotourisme est un

    vecteur important en plein développement, qui réunit 500 professionnels. Une conférence organisée par les principaux acteurs du secteur a été maintenue malgré les événements tragiques de Nairobi.
      
    Le tourisme durable peut aider les économies africaines, améliorer la vie des communautés locales et protéger l’environnement.

    Kelly Bricker, la présidente de la Société internationale de l’écotourisme, a déclaré que la conférence sera «l’occasion d’apprendre comment les entreprises et les destinations utilisent le tourisme pour soutenir le développement durable au niveau local au niveau mondial. L’industrie du tourisme est de plus en plus reconnue comme un joueur important en contribuant aux objectifs de développement durable dans le monde qui mettent l’accent sur ​​la conservation et les communautés.»

    © REUTERS/Radu Sigheti