Eclairage

Politique,  Lesotho,  Afrique

Législatives au Lesotho: la guerre des anciens ministres fait rage

Par Géopolis (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 02/06/2017 à 12H20

Législatives au Lesotho
Au Lesotho, quatre anciens ministres pour un fauteuil... © GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Deux anciens chefs du gouvernement du Lesotho sont les favoris des élections législatives anticipées du samedi 3 juin 2016 qui risquent de déboucher sur une fragile coalition dans ce royaume en crise politique depuis plus de trois ans. Parmi les outsiders, un candidat de 39 ans qui a récemment lancé son parti rêve d'une trajectoire à la Emmanuel Macron. Revue des forces en présence.


Ils sont quatre à rêver d’une majorité stable mais ne se font pas trop d’illusions. Tout indique qu’il y aura des tractations pour former une nouvelle coalition. Les principaux adversaires ont déjà été aux affaires. La guerre fait rage entre les anciens ministres.
 
Pakalitha Mosisili
A 72 ans, le leader du Congrès démocratique (DC) et Premier ministre sortant, Pakalitha Mosisili, compte bien retrouver son poste. Lâché en mars par une partie de ses alliés dans la coalition qu'il dirigeait, il avait dû remettre sa démission. Figure incontournable, Premier ministre de 1998 à 2012, il espère se reconstruire une légitimité dans les urnes.
 
Ancien professeur à l'université, il s'est toujours impliqué dans la vie politique en rejoignant en 1967, un an après l'indépendance, le Parti du Congrès du Basutoland (BCP) puis en devenant ministre de l'Education dans les années 1990. En 1998, en rupture avec le BCP, il se fait élire Premier ministre en se présentant à la tête d'un nouveau parti, le Congrès pour la démocratie au Lesotho (LCD). C'est à la suite d'une nouvelle scission qu'il forme en 2012 son parti actuel, le Congrès démocratique (DC).
 


Thomas Thabane
Ex-Premier ministre aussi de 2012 à 2014, le chef du Congrès des Basotho (ABC), Thomas Thabane, a été la cible d'un coup d'Etat manqué il y a trois ans.
Craignant pour sa vie, après l'attaque de postes de police par des soldats, il a fui le pays pour l'Afrique du Sud voisine, revenant brièvement le temps de législatives en 2015 où il a été battu.
 
A 77 ans, il est de retour au Lesotho depuis février et rêve d'un come-back aux commandes du gouvernement. «Je prends un gros risque en revenant au Lesotho. Les menaces sur ma vie sont toujours là mais la politique est un domaine risqué», a-t-il déclaré cette année à des médias sud-africains. Son arrivée au pouvoir en 2012, à la tête d'une coalition inédite dans le pays, a relancé une période d'instabilité politique.

eNCA | Former Lesotho PM Thomas Thabane vies for power again https://t.co/9cS7wh2BAs #ENCA #Africa
 
Comme son rival Mosisili, Tom Thabane est une figure bien connue de la politique au Lesotho. Il a fondé l'ABC en 2006 après avoir occupé plusieurs postes ministériels (Affaires étrangères, Intérieur, Sciences) dans divers gouvernements, y compris celui de Mosisili. Sa popularité reste élevée, particulièrement dans la capitale Maseru où une marée de partisans aux couleurs jaunes de l'ABC sont venus l'accueillir à son retour d'exil.
 
Monyane Moleleki
Le leader de la toute nouvelle Alliance des démocrates (AD),  Monyane Moleleki, a joué un rôle déterminant dans la chute du précédent gouvernement.
Allié de Pakalitha Mosisili en 2012, il devint son ministre de la Police et un pilier de la coalition au pouvoir. En novembre 2016, des désaccords sur les politiques économiques font voler en éclats la fragile majorité. M.Moleleki et une vingtaine de députés quittent la majorité pour former l'AD. 
 
«Nous nous sommes entretués politiquement. Nous avons formé ce nouveau parti car nous voulons mettre fin aux hostilités», a déclaré cet homme de 66 ans lors du meeting de lancement de la formation en janvier. En 2013, il a été accusé d'avoir abusé de sa position passée de ministre des Ressources naturelles pour avoir favorisé l'attribution d'une licence d'exploitation de diamant. Il a été acquitté en mars 2017.

 
Selibe Mochoboroane, l'homme qui se rêve en Macron
A 39 ans, cet ancien ministre des PME est le plus jeune des candidats et rêve d'une trajectoire à la Emmanuel Macron, le nouveau président français élu début mai à 39 ans au terme d'une conquête éclair du pouvoir.

Débarqué au début 2017 de son poste de secrétaire général du Congrès pour la démocratie au Lesotho (LCD), Selibe Mochoboroane a fondé son propre parti, le Mouvement pour le changement économique (MEC), il y a à peine 100 jours. «Il est jeune, frais, dynamique, innovant et non conformiste. Il représente l'enthousiasme», affirme l'un de ses alliés, Ramahoona Matlose.