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Politique,  Sénégal

Législatives au Sénégal: le maire de Dakar fait campagne en prison

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 25/07/2017 à 11H41, mis à jour le 25/07/2017 à 12H13

Manifestation soutien au maire Dakar Khalifa Sall 19 mai 2017.
Manfestation à Dakar,  le 19 mai 2017, en soutien au maire de la ville, Khalifa Sall, en détention préventive depuis le 7 mars 2017 et candidat de l'opposition aux législatives du 30 juillet 2017.  © SEYLLOU / AFP

C'est une campagne électorale inédite que mène la coalition de l'opposition, Mankoo Taxawu Sénégal, pour le scrutin législatif du 30 juillet 2017. Sa tête de liste, Khalifa Sall, rival du président Macky Sall, est en détention préventive pour détournement de fonds publics et s'efforce de faire campagne depuis sa cellule spéciale de la maison d'arrêt de Rebeuss.


Le maire de Dakar,  Khalifa Sall, n'a pas encore épuisé tous les recours judicaires pour sortir de prison. Ses avocats ont déposé une nouvelle requête de liberté provisoire, le 24 juillet, devant la justice sénégalaise. Dans un arrêt dit «de la dernière chance» daté du 20 juillet 2017, la Cour suprême avait déja rejeté une requête de liberté provisoire, confirmant le rejet de la Chambre d'accusation, le 2 mai, d'une demande identique.

Incarcéré depuis le 7 mars dans «l'affaire de la Caisse d'avance», Khalifa Sall doit répondre de dépenses «non justifiées» de plus de 2,7 millions d'euros prélevés sur plusieurs années, selon la justice, dans les caisses de sa mairie. Des accusations qu'il réfute en bloc et que ses partisans imputent à son statut de dissident du Parti socialiste (PS), membre de la coalition au pouvoir, et de la majorité présidentielle. 

Privé de «droits civiques» et de «mouvement»
Dans une lettre rendue publique mi-juillet par son équipe de campagne et qu'il a rédigée dans sa cellule, Khalifa Sall affirme être «privé de (ses) droits civiques» et «de mouvements» pour l'empêcher de participer aux élections. Considéré comme un probable candidat à l'élection présidentielle de 2019, il y dénonce «un emballement judiciaire sans précédent dans l'histoire du Sénégal».

Dans le même temps, ses avocats ont déposé une requête spéciale au doyen des juges, Masamba Sarr. Objectif: que la justice accorde au moins à l'élu une liberté de quelques heures pour qu'il puisse voter le 30 juillet. Dans sa lettre-programme, il remercie ses partisans et leur demande de rester mobilisés pour élire ce jour-là «une Assemblée du peuple».

Vainqueur aux élections de 2014
Ce scrutin législatif est destiné à renouveler l'Assemblée nationale, dont le nombre de sièges va passer de 150 à 165, après une révision constitutionnelle adoptée en mars 2016 et créant 15 députés pour représenter la diaspora sénégalaise.

Aux élections locales de 2014, Khalifa Sall avait présenté à Dakar une liste dissidente victorieuse. Il ne s'est pas privé ensuite de critiquer la coalition présidentielle et avait appelé à voter non au référendum constitutionnel du 20 mars 2016.