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Législatives en Algérie: les partis appelant au boycott interdits de médias

Par Mohamed Berkani@GeopolisFTV | Publié le 05/04/2017 à 10H54

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika en 2014
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika en 2014. © CITIZENSIDE/FAYCAL NECHOUD / AFP

A l’approches des législatives, les autorités algériennes veulent verrouiller le champ médiatique pour conjurer une forte abstention. Les partis appelant au boycott sont interdits de parole. Les médias indépendants, rejoints par Reporters sans Frontières, dénoncent une mesure anti-démocratique.


Les responsables algériens théorisent à nouveau, comme à la veille de chaque élection, le concept de «démocratie spécifique et responsable». Et cette fois, les victimes sont les partis appelant au boycott des législatives du 4 mai 2017: ils se retrouvent privés de télévisions, radios et presse écrite. Le ministre de la Communication Hamid Grine fixe les règles de bonne conduite aux médias: «Ils ne doivent en aucun cas œuvrer à décrédibiliser les élections ou donner la parole à des parties qui appellent au boycott.» 

 
Pour les médias, cette circulaire est anti-démocratique. «Qu’un ministre appelle à la participation, il est dans son rôle de faire la promotion d’une élection organisée par le gouvernement. Il fait partie, avec les ministres de la Justice et de l’Intérieur, du dispositif mis en place pour cela. Mais en même temps, on ne peut pas se prévaloir d’une presse libre et demander aux médias de ne pas donner la parole à ceux qui boycottent. Ces derniers ont tout à fait le droit de s’exprimer», remarque Kamel Amarni, secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ). 


Reporters sans frontières dénonce une atteinte la liberté d’expression. «Publier une charte restrictive pour la liberté de la presse, sans avoir consulté ni les médias ni la société civile, est aberrant et démontre clairement que le gouvernement algérien, au nom d’une soi-disant éthique, cherche en fait à bâillonner les journalistes à la veille des prochaines élections, déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. Nous exhortons le gouvernement algérien à ne pas entraver le travail de la presse et appelons les autorités à respecter leurs propres engagements, pris au niveau national et international.» 

RSF rappelle que l’Algérie est 129e au classement mondial de la liberté de la presse en 2016