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Les archives sonores du procès de Mandela partent en Afrique du Sud avec Zuma

Par Laurent Filippi@GeopolisAfrique | Publié le 12/07/2016 à 17H22, mis à jour le 12/07/2016 à 17H22

Le 16 Juin 1964 à fin procès Rivonia
Le 16 Juin 1964 à  la fin du procès de Rivonia, les huit accusés, dont Nelson Mandela, quittent, poings levés, le palais de justice de Pretoria. 
© AFP

Le 11 juillet 2016, le président français François Hollande a remis officiellement à son homologue sud-africain Jacob Zuma, en visite en France pour la seconde fois, les archives sonores du procès de Rivonia (1964), où furent jugés et condamnés à perpétuité, le leader anti-apartheid Nelson Mandela et d’autres dirigeants du Congrès national africain (ANC).

Le procès de Rivonia a eu lieu à Pretoria d’octobre 1963 à juin 1964, devant la Cour suprême. Il tient son nom d’une commune de la banlieue de Johannesburg où ont été découverts dans la ferme de Lilliesleaf  (repaire de l’ANC) des documents dont de nombreux rédigés par Mandela.

C’est dans ce lieu que fut préparé l’Opération Mayibuye, un plan pour renverser par la force et la violence le pouvoir blanc instaurant une politique d'apartheid, basée sur une idéologie de discrimination et de ségrégation raciale. Le 11 juillet 1963, Lilliesleaf est encerclée et les conjurés sont arrêtés puis jugés pour 221 actes de sabotage.

C’est lors du premier plaidoyer de la défense, que Mandela lui-même, a déclaré : «Je me suis voué à cette lutte du peuple africain. Je me suis battu contre la domination blanche et je me suis battu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tous les hommes vivraient en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal que j’espère défendre ma vie durant. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.»

Le 12 juin 1964, Nelson Mandela échappe à la peine de mort mais il est condamné ainsi que d’autres membres de l’ANC à perpétuité. Il restera 27 ans en détention.

En 2007, ces archives sonores sont inscrites au Registre «Mémoire du Monde» de l'Unesco.
Comme l’explique le journal Le Monde«ces enregistrements avaient déjà été numérisés en 2001 par la British Library, mais le procédé utilisé avait, selon divers avis, endommagé deux des sept bandes. Il n’y avait à ce jour pas de dispositif adéquat pour numériser à grande échelle les dictabelts du procès Rivonia. C’est Henri Chamoux qui est parvenu à mettre au point la technologie. En 2014, par l’intermédiaire de l’INA, les autorités sud-africaines font appel à lui pour restaurer les archives du procès de Nelson Mandela.»

Sur les 591 dictabelts d’enregistrement (230 heures de programmes audio au total), sept seulement ont gravé la voix de Mandela lors de ses dépositions à la barre.

Si aujourd’hui, cette remise d’archives est donc plus symbolique que diplomatique, selon Liesl Louw-Vaudran, spécialiste de la politique extérieure sud-africaine à l’Institute for Security Studies, cité par Le Monde, le chef de l'Etat sud-africain a remercié la France «pour la numérisation du procès de Rivonia qui va préserver ce morceau inestimable de l'histoire de l'Afrique du Sud pour les générations à venir.»