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Les banques du Maroc accusées par l’Algérie de blanchir l’argent de la drogue

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 21/10/2017 à 14H35, mis à jour le 21/10/2017 à 15H44

Abdelkader Messahel ministre Affaires étrangères d'Algérie
Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères d'Algérie.  © Le 360

Nouveau coup de froid dans les relations compliquées de l’Algérie et du Maroc. Cette fois, le ministre des Affaires étrangères d’Algérie, Abdelkader Messahel, s’en est pris notamment aux banques marocaines. «C’est le blanchiment de l’argent du haschich», a-t-il accusé. Rabat a réagi en rappelant son ambassadeur à Alger.


«Le Maroc recycle en réalité l’argent du haschich via ses banques dans le continent.» Pour faire bonne mesure, le chef de la diplomatie algérienne ajoute que la compagnie aérienne Royal Air Maroc «ne transporte pas uniquement des voyageurs». Visiblement, Abdelkader Messahel n’apprécie guère que le voisin marocain soit cité en exemple pour l’investissement en Afrique. «Beaucoup parlent de la présence marocaine sur les marchés africains, en réalité, il n’y a rien», a-t-il poursuivi selon TSA.

Le ministre intervenait lors de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprise à Alger. Et, face à son auditoire, il n’a eu de cesse de rappeler: «On n'est pas le Maroc, on est l'Algérie. On a un potentiel, on a de l'avenir. Nous sommes un pays stable.»

Côté marocain, le site le 360 parle d’une «sortie stupéfiante» et rapporte les termes du communiqué du ministère des Affaires étrangères du Maroc. Ce dernier condamne des «déclarations gravissimes», le caractère «irresponsable», «enfantin» des propos du ministre algérien. Le site marocain, proche du pouvoir chérifien, n’a pas de mots assez durs pour fustiger les responsables algériens (lire ici).


Evidemment, sur les réseaux sociaux, les commentaires vont bon train, réveillant les nationalismes des deux bords.


Les liens étroits entretenus entre le Maroc et la drogue ne sont pas une nouveauté. Au point que selon le département d’Etat américain, la drogue représenterait près du quart du PIB du pays en 2016. Le Maroc est le premier producteur de cannabis au monde. Mais désormais, il apparaît dans le trafic de cocaïne et semble être la porte d’entrée au marché européen. Ainsi au début du mois d’octobre 2017, deux tonnes et demie de cocaïne pure ont été saisies dans différents sites du pays.