Les coptes d'Egypte choisissent l'exil

Par Catherine Le Brech | Publié le 08/04/2013 à 13H29, mis à jour le 08/04/2013 à 13H30

Femmes coptes
Dans la cathédrale copte al-Abbassiya du Caire, en Egypte, le 7 avril 2013. Après les violences confessionnelles entre communautés copte et musulmane des jours précédents. © AFP PHOTO / KHALED DESOUKI

Alors que des violences confessionnelles entre musulmans et coptes ont fait deux morts et 89 blessés le 7 avril 2013 au Caire, les chrétiens d'Egypte s'exilent de plus en plus, notamment aux Etats-Unis. Un moyen pour eux de fuir les discriminations.

De violents affrontements se sont produits après les funérailles de quatre coptes, où des slogans anti-Morsi et son mouvement, les Frères musulmans, ont été lancés.

Ces chrétiens d'Orient, qui représentent de 6 à 10% des 84 millions d'Egyptiens, vivent au rythme des affrontements qui ont fait, depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011, une cinquantaine de tués dans leur communauté.

Marginalisés et peu représentés dans les instances gouvernementales et la haute fonction publique en Egypte, ils sont nombreux à émigrer pour échapper aux persécutions.

Ils ont notamment été désignés comme boucs-émissaires après la diffusion d'un film anti-islam qui avait mis le feu aux poudres dans le monde arabo-musulman en septembre 2012. Ses auteurs avaient été inspirés par un prêtre copte Zakaria Botros, connu pour ses positions fortement anti-musulmanes.

L'immigration comme planche de salut
Si des vagues de départ se sont succédées durant les années Moubarak (surtout dans les années 80-90), une des plus importantes a eu lieu après l'arrivée des Frères musulmans et de Mohammed Morsi au pouvoir en Egypte, en 2011. Le Wall Street Journal a évoqué le départ de 100.000 d'entre eux qui ont grossi les rangs de la diaspora aux Etats-Unis, évaluée avant leur arrivée à quelque 400.000 personnes.

Il y a trois grands regroupements coptes outre-Atlantique, à New York, Los Angeles et Jersey City, selon Le Figaro qui relate les témoignages de ces exilés de l'après-Révolution en Egypte. Mais on en trouve dans une douzaine d'Etats américains, réunis dans la US Copts Association comme le précise les Nouvel Observateur.

Noël copte en 1983 Noël copte en 1983
Vidéo INA, publiée le 9 janvier 1983

Les membres de cette communauté sont généralement modérés et souvent issus de la classe moyenne ou aisée, précise le journal. Dans les années 50, l'émigration copte aux USA concernait surtout «l'élite foncière et intellectuelle touchée par les nationalisations et l'autoritarisme du régime nassérien», soulignait fin 2008 Grégoire Delhaye, spécialiste de la diaspora copte à l'American University de Washington, dans L'Express.

Dans les années 90, la violence des islamistes de la Gama'at al-Islamiya poussait les coptes de Moyenne Egypte à l'exil. Aujourd'hui, la communauté fuit les mouvements salafistes égyptiens. Les islamistes radicaux sont souvent accusés d'être à l'origine de la violence anti-copte et les autorités égyptiennes de laxisme vis-à-vis de cette violence.